P080 - Vécu et ressenti de la mort et de la fin de vie chez les internes

Marie-caroline Richard (1)

1. Urgences, Pitié-Salpêtrière, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Introduction: Le ressenti de la Mort et la façon dont le médecin va prendre en charge le patient en fin de vie attendue ou non, est la résultante d’une part personnelle (familiale, socio-culturelle, religieuse) et professionnelle (fruit de la théorie et pratique acquise lors de l’externat et de l’internat) L’objectif de cette étude est d’analyser le vécu et le ressenti immédiat et à distance de la Mort et de la fin de vie chez les internes à tous les stades de leur formation ainsi qu’en rechercher les conséquences professionnelles et personnelles.

Matériel et Méthode: Nous avons mené une étude qualitative par entretien individuel semi-dirigé auprès d’internes de médecine générale après recrutement par mail et réseaux sociaux. Chaque entretien a été enregistré par un enregistreur numérique puis a fait l’objet d’un codage à l’aide du logiciel NVivo10 Starter©. Un double codage a été réalisé.

Résultats: La saturation a été obtenue après conduite et analyse de 8 entretiens. Les 10 internes ont tous perçu favorablement l’entretien vu comme une source de réflexion. Quatre thèmes sont ressortis après codage: (1)Vision de la mort, montrant un large éventail de représentations et une absence de projection de sa propre mort (2)Formation, montrant un sentiment de manque de formation théorique et la nécessité de faire un stage en soins palliatifs lors du cursus universitaire (3)Ressenti de la mort, le panel d’émotions neutres, positives et négatives est influencé par de nombreux facteurs comme l’encadrement par un sénior, le contexte médical, l’environnement familial (4)Conséquences personnelles et professionnelles, aucune répercussion des conduites addictives immédiates n’a été décrite et aucun interne n’a souhaité arrêter ses études de Médecine, ces expériences ont été vues comme une possibilité de redéfinition et d’amélioration de sa pratique personnelle future.

Conclusion: Le vécu de la Mort et de la fin de vie génère un ressenti oscillant entre sentiment d’échec et évitement du patient jusqu’au sentiment de sérénité et de satisfaction lors d’une prise en charge estimée adaptée. Les facteurs comme l’encadrement de l’étudiant, la communication et l’environnement influencent les émotions immédiates et à distance des internes. Ces facteurs sont pour certains modifiables. La formation universitaire pratique du troisième cycle pourrait être repensée en intégrant un stage de soins palliatifs et un référent à chaque stage afin d’améliorer le bien-être au travail.

Tags : Vécu Ressenti Mort Fin de vie Interne Formation Soins palliatifs