CP067 - Utilisation de l'échographie pour le triage de blessés de guerre

Gabriel Morand (1), Christophe Dubecq (1), Paul Vincent Martin (2), Nicolas Ribaud (3), Mathieu Meric (1), Pierre-emmanuel Coz (1), Stéphane Travers (4), Michel Groud (5)

1. SSA, AMS FS, Bayonne, France
2. Service d'accueil des urgences, HIA Percy, Clamart, France
3. SSA, AMS FS, Lorient, France
4. SSA, Antenne médicale Villacoublay, Villacoublay, France
5. SSA, CSS Forces spéciales, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : L’échographie (US) est principalement utilisée en structures d’accueil des blessés voire en SMUR afin de guider la prise en charge d’un blessé unique. Lors de prises en charge de nombreux blessés par armes de guerre, 3 urgentistes, chacun en situation isolée, ont bénéficié de l’aide d’US.

L’objectif était de décrire l’utilisation préhospitalière et l’apport éventuel de l’US ultra-portative au cours du triage et de l’orientation de blessés par armes de guerre.

Matériel et méthode : L’étude, observationnelle, retrospective et multicentrique, incluait l’intégralité des blessés par armes de guerre pris en charge médicalement de juillet à novembre 2017. Etaient colligés les lésions présentées, le score ISS, la catégorisation au triage, le type d’US réalisée et si celle-ci modifiait la catégorisation, la gravité du patient ou son orientation.

Résultats : Nos urgentistes ont trié et pris en charge 232 blessés dont 190 (82%) ont bénéficié d’une US. L’ISS moyen de ceux-ci était 21 (médiane 9 [e-t 22,3]) et 26% des blessés étaient atteints au thorax, 17% à l’abdomen, 58% aux membres, 26% au crâne et 5% brulés. 77% des US étaient des eFAST, 26% des dopplers vasculaires, monitorage hémodynamique et des recherches de corps étrangers ou de fractures. 38% (73) des US ont conduit à une modification de la catégorisation initiale (gravité augmentée dans 30 cas, diminuée dans 43), notamment grâce à une US pathologique dans 45% (33) des cas ou d’une US normale dans 40 cas (diminution exclusive de la gravité). A contrario, dans 17 cas, l’US, bien que pathologique, ne modifiait pas la catégorisation d’emblée grave. L’orientation du blessé était modifiée dans 38 cas (20%), dont 19 en faveur d’une chirurgie urgente non envisagée initialement.

Discussion : L’US, aidé par sa miniaturisation, fait désormais partie intégrante de l’algorithme de réanimation de l’avant du blessé de guerre. Son utilisation dès le triage permet de modifier et d’ajuster les priorisations chirurgicales voire les catégorisations des patients. La précocité rend cependant plus difficile le diagnostic de saignements peu abondants d’où la nécessité de répéter cet examen.

Conclusion : L’US est un outil indispensable pour la prise en charge des blessés de guerre en permettant d’orienter et de prioriser au mieux les patients nécessitant une chirurgie de damage control. La formation des prochaines équipes devra approfondir l’ensemble du champ des possibilités échographiques en médecine d’urgence.

Tags : blessés de guerre triage médecine militaire échographie