P244 - Traumatisme du rachis sur hyperostose engainante: TDM systématique

Fanny Schweitzer (1), Philippe Kauffmann (1), Pierrick Le Borgne (1), Céline Renfer (1), Sarah Ugé (2), Carmen Hammann (1), Charles-eric Lavoignet (1), Pascal Bilbault (1)

1. Urgences Adultes, Hôpital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
2. Urgences Adultes, Hopital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Les fractures du rachis sur hyperostose vertébrale engainante (HVE) sont des pathologies rares dont le diagnostic peut être difficile à poser aux urgences. L’objectif principal de notre étude était d’établir le profil des patients à risque; l’objectif secondaire était d’évaluer la prise en charge initiale et le devenir à distance.

Matériel et méthodes: Nous présentons ici une étude rétrospective observationnelle monocentrique portant sur l’analyse des patients qui dans un contexte d’HVE ont présenté une fracture du rachis. Cette étude s’est déroulée dans un hôpital universitaire français (trauma center régional), sur une période de 6 ans (2010-2015).

Résultats: Nous avons ainsi pu colliger 909 patients avec une fracture du rachis, dont 40 (4,4%) sur HVE. Le sex-ratio était de 2,2 avec un âge moyen de 76,3±10,8 ans. Les circonstances de survenue étaient représentées majoritairement par des chutes (74%), les patients consultaient le plus souvent en raison de douleurs rachidiennes. Au total, 40 fractures sur HVE ont pu être identifiées, certains patients (12,5%) présentant des localisations multi-étagées. La localisation des fractures était principalement dorsale (60%, IC95%: 45-75%). Cinq patients (12,5%, IC95%: 3-23%) présentaient d’emblée une complication neurologique. La radiographie standard n’a permis de faire le diagnostic de fracture que dans 3 cas sur les 10 radiographies effectuées, le scanner rachidien a par contre permis d’affirmer le diagnostic dans tous les cas. In fine, 22 patients (55%) ont bénéficié d’une chirurgie de stabilisation, 8 d’un traitement orthopédique et 5 d’un traitement fonctionnel. Les complications à court terme étaient majoritairement infectieuses, pulmonaires (27%) et urinaires (9%) en cas de traitement chirurgical ; elles étaient neurologiques (40% des patients) en cas de traitement fonctionnel.

Conclusion: En raison de la difficulté à visualiser ces fractures sur l’imagerie standard, il est nécessaire d’avoir un haut niveau de suspicion en cas de survenue d’un traumatisme dans un contexte d’HVE et de recourir systématiquement à la réalisation d’un scanner. Du fait de leur haute instabilité, ces fractures doivent souvent être traitées par une chirurgie de stabilisation. Il n’y a peu de place pour le traitement fonctionnel, potentiellement responsable de complications neurologiques graves.

Tags : rachis traumatisme hyperostose engainante