P173 - Transfusion pré hospitalière et utilisation du plasma lyophilisé lors des évacuations aériennes en zone de combat

Cyril Carfantan (1), Vicky Vitalis (2), Antoine Luft (1), Pierre Guenot (3), Stephane Travers (4), Christophe Martinaud (5), Julien Bordes (6), Aurélien Renard (7)

1. Etat-Major Opérationnel, Service de Santé des Armées, Paris, France
2. Centre Médical des Armées de Lyon, Service de Santé des Armées, Valence, France
3. Centre Médical des Armées de Bordeaux, Service de Santé des Armées, Cazaux, France
4. Antenne médicale de Villacoublay, Service de Santé des Armées, Villacoublay, France
5. Centre de transfusion sanguine des armées, Service de Santé des Armées, Clamart, France
6. Fédération anesthésie-Réanimation hôpital Saint-Anne, Service de Santé des Armées, Toulon, France
7. Service des Urgences HIA St-Anne, Service de Santé des Armées, Toulon, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction :

Principale cause de décès évitable après blessure de guerre, l’hémorragie est un défi pour le médecin urgentiste préhospitalier. Malgré les enjeux logistiques, le soutien actuel d’unités déployées sur des zones étendues et à distance des structures chirurgicales a rendu nécessaire le déploiement de produits sanguins en préhospitalier au plus près du lieu de la blessure. Le but de cette étude était d'évaluer la pratique transfusionnelle au cours d’évacuation aérienne afin de définir la faisabilité et la sécurité de ces transfusions.

 

Matériels et méthode :

Étude prospective multicentrique incluant les blessés au combat triés ALPHA (catégorisation la plus grave avec admission en antenne chirurgicale souhaitée en moins de 90 min) évacués par moyens aériens du terrain vers une structure chirurgicale entre avril 2016 et avril 2017. Étaient colligés la gravité (score ISS), le type de blessures, les procédures de transfusion réalisées, les délais avant transfusion, les délais d’évacuation et les difficultés rencontrées.

 

Résultats :

Durant l’année d’étude, un total de 29 patients a été inclus et 28 ont pu être analysés. 25% ont été transfusés avant l’arrivée en structure chirurgicale. Le produit le plus fréquemment utilisé était le plasma lyophilisé (PLYO). Les patients transfusés pendant le transport étaient plus graves que les non transfusés (ISS 45 vs 25 p=0,01) et présentaient plus de régions anatomiques touchées (3 vs 2 p=0,04). Ces patients étaient aussi souvent plus transfusés (100% contre 24%) et recevaient plus de CGR et de PLYO au sein de l’antenne chirurgicale.  La transfusion se déroulait entre 75min et 192min après la blessure. Il n’y avait pas de différence entre les délais d’évacuation des blessés transfusés et non transfusés. 5 patients sont décédés dans les 24h : 3 dans le groupe non transfusé. Aucun effet secondaire ni accident transfusionnel n’a été décrit. Aucune difficulté liée au contexte de transfusion ou au climat (T° > 40°) n’a été rapportée. Deux échecs de technique de reconstitution du PLYO ont été observés, dus à une mauvaise compréhension du guide de l'utilisateur.

 

Conclusion :

Si le PLYO exige une formation spécifique pour les équipes, il nous a paru particulièrement efficace et sûr, y compris dans des conditions tactiques parfois difficiles. Des études complémentaires sur une large population nous semblent nécessaires pour évaluer une utilisation plus large.

Tags : Hémorragie plasma lyophilisé pré hospitalier