P078 - Traçabilité des décisions de limitation et arrêt des thérapeutiques actives pour les patients pris en charge aux urgences : La meilleure part pour l'urgentiste ?

Valérie Garbiso (1), Antoine Aubrion (2, 3), Richard Macrez (4, 1), Eric Roupie (2)

1. Département d'accueil et de traitement des urgences, CHU de CAEN, CAEN, France
2. URGENCES - SAMU - SMUR, CHU de CAEN, CAEN, France
3. URGENCES - SMUR, CH Robert Bisson - Lisieux, LISIEUX, France
4. Inserm 1237 Physiopathology and Imaging of Neurological Disorders (PhIND), Team SPrInG, Centre Cyceron, Bd Becquerel, B¨P5229-F14074 Caen Cedex, France, CAEN, France
Diffusion le 13/06/2018

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Objectif : Les décisions de limitation et arrêt des thérapeutiques actives (LATA) sont de plus en plus souvent prises aux urgences pour des situations cliniques aigues dès l’admission. L’incidence de décisions de LATA prises aux urgences, estimée autour de 1% des passages, est souvent restreinte à celles prises pour des patients décédés dans le service d’urgence ou d’UHCD, sous-évaluant celles prises aux urgences pour les patients hospitalisés vers d’autres services. Dans ce contexte aigu, la traçabilité de décision de LATA antérieure, de directive anticipée (DA), de la personne de confiance (PC) semblent importantes dans la prise de décision du médecin. L’objectif principal était de rechercher la traçabilité des décisions de LATA prises aux urgences pour des patients décédés dans les 3 jours suivant leur prise en charge dans notre centre universitaire. Les objectifs secondaires étaient la traçabilité des DA, PC, l’antériorité d’une filière de soin, de concertation et du lieu de décès.

Matériel et méthodes : Cette étude unicentrique rétrospective, descriptive incluait les patients pris en charge aux urgences adultes pendant l’année 2016, puis décédés dans les trois jours d’hospitalisation. L’ensemble de leurs compte-rendus d’hospitalisations étaient analysés à la recherche de décisions de LATA pendant ce séjour, ou préexistantes.

Résultats : Parmi les 419 patients d'évolution défavorable à 3 jours inclus, 69% ont fait l’objet d’une LATA. Cette décision était anticipée dans 5% des cas. Les trois-quarts des LATA étaient décidées aux urgences et 21% dans les services d’aval. 1% des dossiers signale la présence d’une PC, 1% de DA manuscrites jointes au dossier. La concertation médicale est tracée à 70% aux urgences et 100% dans le service d’aval. La décision de LATA n’est pas liée à l’âge (p=0,29), ou au sexe du patient (p=1). En revanche la présence de la famille (p=0,02), le suivi en filière de soin (p=0,01) ou en soins palliatifs (p=0,04), l’autonomie du patient (p<0,001), ainsi qu’une concertation médicale retrouvée dans le dossier (p<0,001) sont associés à la décision de LATA tracée.

Conclusion : Le médecin urgentiste doit quotidiennement se positionner sur des décisions de LATA pour certains patients où la gravité clinique est présente dès l’admission. Les DA et la PC restent toujours difficiles a? identifier pour prendre cette décision. Il convient de collaborer en amont, afin d’aiguiller au mieux la trajectoire de vie ou de fin de vie de chaque patient.

Tags : Traçabilité - Abstention thérapeutique - Ethique médicale - Fin de vie - Hospitalier - Services des urgences - Médecine d'urgence