P019 - Signification d'un taux de lactate augmenté chez les patients d'un service d'accueil des urgences hospitalisés du 1er janvier 2015 au 30 juin 2015

Justine Barbou (1), Anne Cypierre (2), Sylvain Palat (2), Guillaume Gondran (2), Holy Bezanahary (2), Eric Liozon (2), Anne-laure Fauchais (2), Kim Heang Ly (2)

1. Gériatrie, CH Brive-La-Gaillarde, BRIVE-LA-GAILLARDE, France
2. Médecine interne, CHU Limoges, LIMOGES, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le seuil pronostique de la lactatémie est différent selon les définitions et les études. Son utilité est reconnue dans les états de choc, le sepsis, les polytraumatisés, les convulsions, l’ischémie. La lactatémie normale est inférieure à 2 mmol/L. Peu de données existent concernant l’intérêt de ce dosage chez tout patient admis aux urgences. Le but de l’étude était de déterminer les caractéristiques clinico-biologiques des patients ayant une lactatémie supérieure à 2,15 mmol/L et de préciser son rôle dans leur évolution. Méthode : Etude rétrospective, descriptive, monocentrique, réalisée via le dossier informatisé des patients admis aux urgences d’un CHU, puis hospitalisés dans un service de post urgence médicale, lorsque la lactatémie était supérieure à 2,15 mmol/L sur la biologie initiale, du 01/01/2015 au 30/06/2015. Résultats : L’étude concernait 113 patients. La lactatémie était comprise entre 2,15 et 15,06 mmol/L avec une moyenne de 3,45 (+/- 1,61) mmol/L. Treize pour cent des patients sont décédés. L’hyperlactatémie était statistiquement significative lorsque le diagnostic était : une néoplasie (4,36 +/- 1,4 mmol/L vs 3,38 +/- 1,61 ; p=0,019), des convulsions (4,51 +/- 3,85 mmol/L vs 3,32 +/- 1,19 ; p=0,01) une décompensation oedémato-ascitique (5,57 +/- 1,85 mmol/L vs 3,4 +/- 1,56 ; p=0,021), lors de l’augmentation des ASAT (3,95 +/- 2,31 mmol/L vs 3,2 +/- 1,01 ; p=0,011), des GGT (3,67 +/- 2,03 mmol/L vs 3,11 +/- 0,89 ; p=0,043), des LDH (3,32 +/- 1,23 mmol/L vs 2,68 +/- 0,5 ; p=0,038), chez les patients diabétiques (3,66 +/- 1,82 mmol/L vs 3,06 +/- 0,93 ; p=0,032). La mortalité était augmentée lorsque le diagnostic était une néoplasie (71,4% vs 9,2% ; p < 0,001), une décompensation cardiaque (35,7% vs 9,9% ; p=0,026), lors de l’augmentation de la lactatémie (4,1 +/- 1,06 mmol/L vs 3,37 +/- 1,69 ; p=0.018), de la CRP (90 +/- 84 mg/L vs 72 +/- 109 ; p=0,031), de toutes les enzymes hépatiques isolément et de la troponine ultrasensible (0,22 +/- 0,3 ng/mL vs 0,03 +/- 0,02  ; p=0,0001). Nous avons identifié  5 facteurs de risques indépendants de mortalité: le cancer, la décompensation cardiaque, l’altération de l’état général, l’hyperlactatémie et l’élévation de la CRP. Conclusion : Outre les indications déjà reconnues du dosage de la lactatémie, ce paramètre semble intéressant chez les patients présentant une décompensation cardiaque ou un cancer dans un contexte inflammatoire.

Tags : hyperlactatémie mortalité urgences sepsis néoplasie décompensation cardiaque