P256 - Service d'accueil des urgences, mains et plaies. Une analyse par le contentieux.

Hadrien Houdre (1), Jordane Mouton (1), Mélanie Autran (2), Nicolas Tarissi (1), Roberto Beccari (3), Hugues Lefort (4), Isabelle Auquit-auckbur (5)

1. Service de chirurgie orthopédique et traumatologie, CHU de Rouen, Rouen, France
2. Direction Etablissements Publics de Santé, Sham, Lyon, France
3. Service de chirurgie orthopédique et chirurgie de la main, clinique du Cèdre, Bois-Guillaume, France
4. Emergency Medical Department, Legouest military teaching hospital, French military health service, Metz, France
5. Service de chirurgie plastique et chirurgie de la main, CHU de Rouen, Rouen, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les traumatismes de mains sont de présentation très fréquente aux urgences. Les défauts d’exploration initiale de ces plaies engendrent des retards de prises en charge, des séquelles, arrêts de travail prolongés, etc. L’objectif de ce travail était d’analyser les dossiers d’un assureur de responsabilité médicale, pour les patients qui avaient relevé d’une prise en charge d’une plaie de main dans des services d’urgence, et ayant donné lieu à un recours.

Matériel et méthode : Analyse rétrospective de 213 dossiers (2007-2012) vus dans un service d’urgence. Série anonymisée de contentieux indemnisés par l’assureur. Les contentieux relatifs à la chirurgie étaient exclus. Critères d'inclusion : contentieux recueilli par l’assureur, provenant d’un litige secondaire à une plaie. Variables observées : motif de plainte, centre de prise en charge, mécanisme de l'accident, localisation et type de la lésion, présence d’un avis spécialisé, conséquences socioéconomiques, délai de retour à emploi. Analyse en strate (J Reason), test binomial exact.

Résultats : Deux tiers des 170 dossiers inclus concernaient des travailleurs manuels (26% accidents du travail). Dans 3/4 des cas un chirurgien orthopédiste ou plasticien présent dans l'établissement n'avait pas été sollicité. Dans 41,2% des cas, aucune exploration de la plaie de la main aux urgences n’avait été faite. Le pouce était concerné 27,6% des cas et 3/4 des lésions inaperçues concernaient les tendons. Les motifs de plainte, souvent multiples, concernaient une raideur séquellaire (49%) dont 1/3 sans reprise professionnelle (30%), puis les dysesthésies (41%). La durée moyenne d’arrêt de travail était de 158 jours et le déficit fonctionnel permanent moyen de 3,9%. Les dossiers été résolus à l’amiable le plus souvent (79%), 16% en commission régionale de conciliation et d'indemnisation et 12% en judiciaire. Le montant moyen au titre de la réparation financière était de de 6224 euros.

Conclusion : Le partenariat assureur-praticiens autorise un retour qualité pertinent et objectif sur le chemin clinique de ces patients. Les plaies de la main, à forte morbidité potentielle doivent bénéficier d’une prise en charge optimale, notamment en se référant facilement au réseau SOS main présent en France. Une réflexion nationale sur les mesures correctrices nécessaires à une meilleure prise en charge des plaies de mains aux urgences permettra de rappeler les bonnes pratiques concernant les explorations des plaies de main.

Tags : Evaluation des pratiques main plaie contentieux