CP003 - Rythme Circadien et Arrêt Cardiaque Médical

Jean-baptiste Marc (1), Joséphine Escutnaire (2), Valentine Beart (3), Eric Wiel (1), Hervé Hubert (4), Sophie Nave (1), Michaël Genin (5), Registre Électronique Des Arrêts Cardiaques Gr-réac (6)

1. Pôle de l'Urgence - SAMU du Nord, CHRU Lille, Université de Lille, Groupe RéAC, Lille, France
2. Responsable de la Promotion Clinique, Université de Lille, Groupe RéAC, Lille, France
3. Attachée de Recherche Clinique, Université de Lille, Groupe RéAC, Lille, France
4. Président du Registre électronique des Arrêts Cardiaques, Université de Lille, Groupe RéAC, Lille, France
5. Pôle de Santé Publique, CERIM, CHRU Lille, Université de Lille, Lille, France
6. , ILIS - Faculté Ingénierie et Management de la Santé, Lille, France

Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le rythme circadien régit un bon nombre de la physiologie des organes de notre corps, notamment les systèmes cardio- et neuro-vasculaires. On sait aussi que d’un point de vue pathologique, certains accidents vasculaires (infarctus du myocarde, décompensations cardiaques aigues et accidents vasculaires cérébraux) se répartissent avec une incidence majorée le matin. Selon la littérature, parfois contradictoires, les arrêts cardiaques (AC) auraient également une répartition variable au cours de la journée. Afin de mieux appréhender leurs survenues et de permettre une amélioration des prises en charges et de la survie, nous nous sommes intéressés à l’analyse de leur répartition circadienne sur notre territoire.

Matériels et Méthodes : Basé sur le Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), nous avons recueilli des critères spécifiques démographiques, de prise en charge et de survie des AC (critères d’Utstein) et notamment leurs horaires de survenue. Nous avons analysé, via une méthode spécifique statistique de scan temporelle, la présence ou non de clusters dominants. Nous avons ensuite comparé les différentes caractéristiques des clusters dégagés.

Résultats : A partir de cinquante et un centres, du Ier janvier 2013 au 31 décembre 2016, nous avons recueilli et analysé 26 953 cas d’AC. Le scan temporel a permis de ressortir un pic de trois heures significatif (8h00 à 10h59), avec un risque relatif de 1,76 (p < 0,001). La population concernée est masculine à hauteur de 63,4%, avec un âge médian de 72 [60-83] ans. La survenue de l’AC pour le pic a lieu sur la voie public pour 10,2% versus 8,6% pour le reste de la population, au domicile pour 73,6% versus 76,7% (p  < 0,001). L’origine cardiaque pour le pic représente 32,7% versus 34,4% (p=0,021). Les durées de no-flow sont similaires, 6 [0-13] minutes (p=0,154). Cependant les délais d’arrivée des équipes médicales et les délais écoulés entre l’AC et la reprise d’une activité cardiaque ou le décès sont significativement différents.

Discussion : Avec un effectif majeur, notre étude a su prouver de manière statistiquement significative la présence d’un seul et unique pic « matinal » d’AC médical. Un profil différent du reste de la population victime d’AC se dégage, permettant d’envisager une médecine « préventive » mais surtout et avant tout de mieux appréhender les connaissances à ce sujet afin d’envisager, à terme, une adaptation de nos moyens de prise en charge.

Tags : Arrêts Cardiaques Rythme Circadien Cycle Nycthéméral RéAC