P082 - Rôle et difficultés des urgentistes face aux situations de fin de vie

Hajer Kraiem (1), Ryef Ammar (2), Mohamed Aymen Jaouadi (1), Sami Ben Ahmed (2), Nasreddine Souissi (2), Mohamed Nejib Karoui (1), Naoufel Chebili (1)

1. SAMU 03, CHU SAHLOUL, SOUSSE, Tunisie
2. SAMU 03, CHU Sahloul, Sousse, Tunisie
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La mort est une réalité quotidienne dans les services des urgences où toutes pathologies et toutes détresses vitales peuvent se voir mettant les praticiens face à une responsabilité primordiale dans la mise en route d’une démarche éthique et décisionnelle pour certains malades. L’objectif de cette étude est de préciser les difficultés rencontrées par les urgentistes lors des prises en charge de patients dans un contexte de limitation et arrêt thérapeutique des soins (LATA).

Matériel et méthode: Il s'agit d'une enquête transversale à visée descriptive, menée dans les services des urgences. Notre population d’étude est le personnel médical exerçant aux urgences. Le recueil des données s'est fait via un questionnaire anonyme qui définit le profil du médecin, la connaissance du concept du LATA, les modalités décisionnelles, l’existence de difficultés, les appréhensions et les émotions face à une fin de vie. L'analyse des données à été réalisée à l'aide de SPSS 20.0. 

Résultats: Au total, 56 médecins (soit 84,4% de l'ensemble) ont participé à l’étude dont 26,8% des résidents, 58,9% des internes et 14,3% des séniors. L'âge moyen est de 30 ans avec une nette prédominance féminine. La moyenne d’années d’exercice est de 3 ans. Le concept du LATA était connu par 73,2% des médecins interrogés dont 45,4% ont déjà été confronté à une décision du LATA dans leur pratique quotidienne. La majorité (70,9%) ne se sentent pas à l’aise face à une LATA. Les principales appréhensions sont la pression et le conflit  avec  la famille (22%), le manque d’informations à disposition (15,5%), le manque de temps (17,9%), ainsi que  les difficultés d’ordre éthique (13,7%). Des obstacles d’ordre légal, émotionnel et technique coexistent. La décision de LATA est fréquemment collégiale (64,8%).  Les principaux éléments qui interviennent dans la décision de LATA sont l’âge (21,6%), le terrain polytaré (20,2%), l’autonomie (15,6%), l’état clinique aigu du patient (13,8%) et l’absence d’amélioration après traitement bien conduit (10,5%). Concernant les gestes à exclure, les mesures de réanimation et les gestes chirurgicaux sont les plus cités (respectivement 83% et 81%). Le médecin d’urgence est souvent seul dans l’annonce (31%).

Conclusion: La décision de LATA est encore source de difficulté pour les urgentistes. Á l’avenir, une formation et information des urgentistes à ces pratiques et l’établissement d’un consensus de prise en charge devrait être une priorité.

Tags : Limitation et arrêt des thérapeutiques actives urgences éthique