P243 - Rétrospective sur l'application intrahospitalière des recommandations de prise en charge des traumatismes crâniens légers.

Guillaume Birman (1), Baptiste Verhamme (1), Alexandre Chagvardieff (1), Margaux Seitz (1), Aurélie Rivière (1), Cécile Marmillot (2), Antoine Roch (1), Nicolas Persico (1)

1. urgences adultes, hopital Nord, marseille, France
2. urgences adultes, hopital Nord, mar, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Depuis 2012, la réalisation d’un Scanner Cérébral Sans Injection (SCSI) dans l’heure pour tout Traumatisme Crânien Léger (TCL) sous antivitamine K, et entre H4 et H8 pour tout TCL sous antiagrégant plaquettaire. L’objectif est d’évaluer le respect des indications, des délais, et l’impact sur le diagnostic de Lésions Hémorragiques Intracrâniennes (LHIC). 

 

Matériel et Méthode : Etude observationnelle descriptive clinique analytique et rétrospective du 1er juin au 31 octobre des années 2011, 2013 et 2016 dans un service d’urgences adulte de CHU. Ont été inclus tous les SCSI pour TCL. Ont été exclus les suspicions d’AVC, les crises d’épilepsie avant le TCL, un score de Glasgow inférieur à 13, les bilans de chutes, les polytraumatisés, les scanners injectés secondairement.

 

Résultats : 932 patients ont été inclus, dont 188 en 2011, 309 en 2013 et 435 en 2016, avec un sex ratio de 1 et un âge moyen de 62 ans. Entre 2011 et 2016, le nombre de SCSI pour TCL a augmenté de 231% sans augmentation significative du nombre de consultations pour TCL. 6,6% des SCSI pour TCL étaient réalisés sans indication, principalement pour des raisons médico-légales. 80% des SCSI qui auraient dû être réalisés avant H1 l’ont été après. 34% des SCSI devant être réalisés entre H4-H8 l’ont été avant (p < 0,0001). Une majoration du nombre de SCSI réalisés hors délais était observée entre 2h et 10h du matin (p=0,001). Il existait une augmentation du nombre de LHIC diagnostiquées (p=0,07) sans augmentation du nombre de patient opérés. En analyse multivariée, l’acide acétylsalicylique n’était pas un facteur de risque indépendant de survenue de LHIC, contrairement au clopidogrel (p < 0.05). 

 

Discussion : Le retard à la réalisation de SCSI avant H1 était dû au délai d’attente du premier examen par l’urgentiste (45min). Les SCSI réalisés trop précocement induisaient un risque de faux négatifs. Certains facteurs de risque pourraient être rediscutés comme les limites d’âge, une amnésie et la prise d’acide acétylsalicylique.

 

Conclusion : Le respect des recommandations a augmenté le nombre de SCSI réalisés pour TCL, ce qui a pu permettre un plus grand diagnostic de LHIC. Cependant il a aussi entrainé une suractivité des services d’urgences et de radiologie, augmentant les délais de réalisation. Une fiche d’indication dès l’IAO, des protocoles d’organisation entre les urgentistes et radiologues avec une augmentation des moyens humains et matériels pourraient améliorer ces délais.

Tags : Traumatisme crânien léger lésion hémorragique intra crânienne scanner cérébral SFMU