P233 - Résultats de la mise en place de règles d'admission en médecine à partir des urgences

Emmanuelle Zamparini (1), Geoffroy Safrano (1), Benoit Adam (1), Marie Véronique Gadret (1), Marc Piardon (1), Sami Sekkour (1)

1. urgences, GHI Le raincy-Montfermeil, paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Résultats de la mise en place de règles d’admission en médecine à partir des urgences

 

Introduction : La surcharge des services d’accueil des urgences (SAU) (crowding) avec ses conséquences, est l’une des préoccupations  à laquelle les urgentistes sont confrontés.

L’accès facilité à un lit d’aval contribue à fluidifier les urgences. Ainsi afin de diminuer la stagnation des patients en attente d’un lit d’hospitalisation, des règles ont été établies avec pour objectif de réduire le temps d’attente total. Dans les six heures qui suivent l’arrivée du patient, le médecin doit l’avoir pris en charge et une décision d’orientation doit être prise. Celle–ci doit être tracée et horodatée.

Méthode : Des règles d’hospitalisation dans les services de médecine d’aval à partir du SAU ont été instaurées à partir de juillet 2016.

Ces règles dissocient deux volets : d’une part la décision d’orientation médicale par les médecins seniors du SAU, d’autre part la recherche d’un lit d’hospitalisation.

En cas d’hospitalisation, la décision d’orientation médicale est fixée par le senior du SAU, Il sollicite le spécialiste pour confirmer l’hospitalisation ou pour avoir un avis.

Cette concertation s’accompagne d’engagements respectifs. Le SAU s’engage envers les services de médecine à ce que la décision d’orientation, ainsi que la demande d’avis spécialisé soient validées par un médecin senior. Celui-ci devra préciser s’il s’agit d’un avis qui nécessite le déplacement du médecin régulateur de la spécialité médicale ou simplement d’une confirmation d’hospitalisation qui peut au choix se faire de visu, par téléphone ou par courriel. Il s’engage par ailleurs à être joignable, à mettre à disposition du spécialiste les résultats des principales données anamnestiques et cliniques ainsi que les examens complémentaires ainsi qu’ à faire les prescriptions des traitements de sortie du SAU.

De leur coté les services de médecine désignent chaque jour un médecin régulateur. Celui s’engage à se déplacer ou à donner un accord téléphonique d’admission avant 10 heures 30 pour les patients présents au SAU le matin. Pour les patients qui arrivent dans la journée, le médecin régulateur de la spécialité concernée intervient dans l’heure qui suit l’appel de l’urgentiste. En l’absence d’avis spécialisé dans les délais fixés, le senior des urgences prend la décision d’hospitalisation et informe le médecin régulateur.

Le second volet concerne la recherche de lits d’hospitalisation. Celle-ci est assurée par le « gestionnaire de lits ».

Chaque matin il (ou la cadre de santé du SAU) élabore une liste priorisée des besoins en lits à partir du SAU et de l’Unité d’Hospitalisation de Courte Durée (UHCD). Celle-ci est communiquée aux cadres des différentes unités d’hospitalisation qui transmettent en retour les lits disponibles.

Les patients sont ainsi répartis dans les différents services d’aval, ou à l’UHCD en absence de place dans la spécialité concernée. L’hospitalisation en UHCD dans l’attente d’un lit de spécialité se fait après validation par le régulateur de la spécialité concernée qui s’engage à admettre le patient dans son service dès le lendemain.

Si un patient nécessitant une hospitalisation en médecine n’a pas de place dans la spécialité dont il relève dans les six heures suivant la décision médicale de l’urgentiste, il sera hébergé dans un autre service.

Résultats : Le délai moyen d’accès à un lit d’hospitalisation à partir du SAU est passé de 13 heures 08 avant la mise en place des règles d’admission à 10 heures 39.

La prise de décision d’orientation médicale avant la 6ème heure se fait dans 52,6 % des cas (versus 44,4% des cas avant l’instauration de cette nouvelle organisation).

Le pourcentage d’admission dans les services avant la 6ème heure a augmenté de 21,7% à 39,6%.

Une diminution de la durée moyenne de séjour à l’UHCD a par ailleurs été constatée passant de 2,1 jours à 1,1 jour.

Les transferts vers d’autres établissements de santé « faute de place » au sein de l’établissement ont diminué (318 en 2015 versus 35 en 2016).

Enfin, la décision d’orientation médicale initiale prise par le senior du SAU s’est avérée pertinente dans 96% des cas.

Conclusions :

Même si les objectifs initiaux n’ont pas encore été atteints, cette organisation a permis de fluidifier la gestion des hospitalisations à partir du SAU.

Elle a par ailleurs permis une meilleure collaboration entre le médecin urgentiste et les spécialistes d’organes

Cette organisation reste cependant perfectible, elle devra être réévaluée mais aussi réadaptée en fonction du flux et du nombre de patients présents. L’objectif reste avant tout la qualité de la prise en charge des patients ainsi que la satisfaction de l’ensemble du personnel soignant.

Tags : organisation urgences hospitalisation aval