P069 - Profil éosinophilique et exacerbations de BPCO: étude préliminaire aux urgences

Luc Bilger (1), Pierrick Le Borgne (2), François Lefebvre (3), Sarah Ugé (1), Florent Baicry (1), Claude Geronimus (2), Philippe Kauffmann (2), Pascal Bilbault (2)

1. Urgences Adultes, Hopital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
2. Urgences Adultes, Hôpital de Hautepierre, CHU Strasbourg, Strasbourg, France
3. Département de santé publique, CHU de Strasbourg, Strasbourg, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: La dyspnée est un motif fréquent de consultation aux urgences. L’identification de son étiologie et la pertinence des traitements entrepris sont corrélées à la morbi-mortalité. L’objectif principal de notre travail était d’évaluer la prise en charge des exacerbations de BPCO aux urgences et d’étudier l’éosinopénie comme potentiel facteur de gravité des exacerbations.

Matériel et méthodes: Nous présentons ici une étude observationnelle, rétrospective et monocentrique. Nous avons inclus l’ensemble des patients ayant consulté aux urgences pour exacerbation de BPCO sur un an (2015). Les critères d’exclusion étaient: les cancers broncho-pulmonaires et/ou les décompensations cardiaques associés à la BPCO.

Résultats: Durant la période de l’étude, 112 patients ont été inclus pour analyse statistique. L’âge moyen de la population de l’étude était de 70±10,5 ans, 69% (IC95%: [62,5-75,1]) des patients présentaient une BPCO stade C. L’analyse en sous-groupes entre exacerbations de BPCO pures et exacerbations associé à un sepsis retrouvait un taux moyen de polynucléaires éosinophiles (PNE) à l’admission significativement plus haut dans le groupe BPCO pures (254/mm3 vs 190/mm3 ; p=0,008). Le taux de polynucléaires basophiles (PNB) à l’admission était plus élevé dans le groupe BPCO pures (p=0,02) et le rapport éosinophiles/basophiles était inférieur dans ce même groupe (3,6 vs 4,1 ; p=0,04). La durée moyenne d’hospitalisation était de 9±6 jours dans les groupe exacerbations pures versus 12±7 jours pour les exacerbations infectieuses (p=0,04). Le temps de passage aux urgences était de 661±505 minutes dans le groupe BPCO « pures » versus 724±699 minutes pour le reste de la population (p=0,11). Le taux de mortalité aux urgences entre ces deux sous-groupes ne présentait pas de différence significative (p=0,16). Enfin, 20,5% (IC95%: [15-26%]) des patients de la cohorte totale ont été admis en réanimation suite à leur passage aux urgences. 69,5% (IC95% : [63-76%]) des patients étudiés étaient par ailleurs réadmis aux urgences dans les douze mois.

Conclusion: L’utilisation de la NFS et du profil éosinophilique pourrait constituer une piste intéressante dans la caractérisation des exacerbations de BPCO. L’éosinopénie serait corrélée à un risque accru d’exacerbations et de mortalité et pourrait également guider la prise en charge thérapeutique. L’hyperéosinophilie est par ailleurs considérée comme un marqueur de bonne réponse à une corticothérapie systémique.

Tags : BPCO éosinophile NFS