P241 - Prise en charge préhospitalière des brûlés : retour sur nos pratiques et perspectives d'amélioration

Ludovic Maudet (1), Mathieu Pasquier (1), Pierre-nicolas Carron (1)

1. Service des Urgences, CHUV, Lausanne, Suisse
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction

Les brûlures sévères sont des pathologies régulièrement rencontrées par les services d’urgence. Elles sont grevées d’un coût économique et social élevé, impliquent des moyens importants et nécessitent une expertise particulière. Si les prises en charge hospitalières sont bien codifiées, la phase préhospitalière est a priori moins bien standardisée. Nous avons voulu étudier les prises en charge des patients brûlés par notre service préhospitalier, qui ne dispose pas de recommandations spécifiques à ce sujet.

Matériel et méthode

Cette étude rétrospective a inclus les patients de tous âges pris en charge pour brûlure thermique par notre service médicalisé d’urgence préhospitalière (terrestre et héliporté), entre janvier 2008 et juin 2016 (transferts secondaires exclus). Les données médicales préhospitalières ont été consolidées par le dossier hospitalier. L’analyse porte sur la précision de l’évaluation de la surface corporelle brûlée (SCB), sur l’évaluation de l’intensité de la douleur, ainsi que sur l’antalgie et les solutés administrés en préhospitalier.

Résultats

Nous avons inclus 74 patients, majoritairement de sexe masculin (74%) et d’un âge médian de 26 ans (écart interquartile : 11-50). La SCB a été rapportée dans 93% des cas, avec une moyenne de 21±21% (1-98). La SCB estimée en urgence diverge de celle mesurée en unité spécialisée dans 41% des cas. La variation moyenne (sur- ou sous-estimation) étant de 4,9±3,8% (1-15). 61% des patients ont reçu des cristalloïdes, en moyenne à un volume de 1,3±1,8ml/kg/%SCB (0,1-8,3). L’intensité des douleurs est rapportée dans 69% des cas avec une moyenne de 6±3 points. 74% des patients ont reçu du Fentanyl, en moyenne à une dose de 2,5±2,2mcg/kg (0,3-10). 8,1% des patients ont reçu de la Kétamine, en moyenne à une dose 2,5±2,2mg/kg (0,2-6,3)

Discussion

Nos données montrent que l’estimation par l’urgentiste de la SCB est concordante avec celle effectuée ultérieurement par le spécialiste. L’évaluation de la douleur n’est pas rapportée de façon systématique mais les patients reçoivent des doses appropriées d’antalgiques. L’expansion volémique par cristalloïdes est supérieure au volume préconisé habituellement au cours de la 1ère heure. 

Conclusion

La prise en charge préhospitalière des patients brûlés par notre service semble globalement correcte. Un potentiel d’amélioration existe cependant, qui pourrait justifier l’élaboration de recommandations de pratique spécifiques, s’appuyant sur des données récentes.

Tags : brûlure préhospitalier surface cutanée analgésie cristalloides douleur