CP083 - Prévalence réelle de l'embolie pulmonaire parmi les patients à faible risque, et intérêt de l'association des scores PERC et YEARS.

Rudy Bompard (1), Rudy Bompard (2), Quentin Delannoy (1), Constance Severin (1), Mélanie Roussel (3), Vanina Valli (1), Pierre Hausfater (1), Yonathan Freund (2)

1. Service d'accueil des urgences, Pitié Salpêtrière, Paris, France
2. Service d'accueil des urgences, Pitié Salpêtrière, Paris , France
3. Service d'accueil des urgences, CHU Rouen , Rouen , France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Introduction : La prévalence de l’embolie pulmonaire (EP) chez les patients à faible probabilité clinique aux urgences est interrogée. Antérieurement estimée autour de 10%, des études récentes suggèrent qu’elle pourrait être bien inférieure. Les scores PERC (8 variables cliniques) et YEARS (clinique + seuil de D-dimères modifié à 1000 ng/ml) permettraient de réduire le recours à l’angioTDM. L’objectif de l’étude était de déterminer la réelle prévalence de l’EP chez ces patients, puis d’évaluer l’intérêt de l’association YEARS-PERC pour diminuer le taux de recours à l’angioTDM.

Matériel et méthode : Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique sur un dans un service d’urgences. Les critères d’inclusion étaient la présence d’un dosage de D-dimères pour suspicion d’EP associé à une faible probabilité clinique (d’après le score de Genève révisé RGS). Nous avons exclus les patients avec autre indication de dosage de D-dimères, et les patients avec un score RGS > 4. Le critère de jugement principal était le diagnostic d’EP aux urgences. Le critère de jugement secondaire était le taux de faux négatifs des scores PERC, YEARS, et de leur association.

Résultats : parmi les 634 patients inclus, 263 présentaient des critères d’exclusion, laissant  371 patients pour analyse. Un total de 5 EP ont été diagnostiquées aux urgences, soit une prévalence de 1.4% [IC95% 0.4% - 3.1%]. Aucun des 225 patients PERC négatif ne présentait d’EP (0%, [IC95% 0% - 1.6%]). En considérant l’association PERC négatif et YEARS négatif, aucune EP n’a été diagnostiquée sur 346 patients  (0% [IC95% 0% - 1.1%]). Sur les 61 angioTDM (16%) réalisés, 45 auraient pu être évités sur la base de l’association PERC ou YEARS négatifs, soit une réduction absolue de 12% (IC95% 8% - 17%).

Discussion : La prévalence de l’EP dans les populations européennes à faible risque est inférieure à ce qui avait été historiquement décrit, et s’accompagne d’un faible rendement de l’angioTDM. Les scores PERC et YEARS, jamais combinés à ce jour, offrent une perspective intéressante et semblent sûrs, car associé à un risque de faux négatif < 2% - nouvelle borne supérieure maximale selon les nouvelles recommandations internationales. Le rendement de l’angioTDM passerait ainsi de 8% à 31%.

Conclusion : Dans cette étude, la prévalence réelle d’EP parmi les patients à faible probabilité clinique était de 1.4%. L’association du score PERC et YEARS semble être utile et sans risque.

 

 

Tags : embolie pulmonaire prévalence perc years urgences