CP032 - Prévalence et évolution de la résistance des uropathogènes aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de 3ème génération dans les services d'urgences. Etude multicentrique européenne

Loic Brunard (1), Alice Quaegebeur (2), François Javaudin (1, 3), Quentin Le Bastard (1, 3), Sg Eurouti Study Group (3), Emmanuel Montassier (4, 3), Eric Batard (4, 3)

1. Urgences, CHU Nantes, Nantes, France
2. Urgences, CHUV Lausanne, Lausanne, France
3. Equipe Microbiotes Hôtes Antibiotiques et Résistances bactériennes (MiHAR), Université de Nantes, Nantes, France
4. Urgences, CHU de Nantes, Nantes, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La connaissance de la prévalence de la résistance des uropathogènes aux fluoroquinolones (FQ) et aux céphalosporines de 3ème génération (C3G) doit guider l'antibiothérapie probabiliste des pyélonéphrites. Notre objectif était d'évaluer la prévalence et l'évolution de la résistance aux C3G et aux FQ des uropathogènes isolés dans les services d'urgences (SU) européens.

Méthodes: étude rétrospective dans 18 SU (France, Suisse, Espagne, Italie, Allemagne). Les ECBU positifs et prélevés entre janvier 2010 et décembre 2016 ont été inclus. Les tendances temporelles ont été testées par un chi2 de tendance.

Résultats: Parmi les 65894 ECBU inclus, les principales bactéries cultivées étaient Escherichia coli (70%), Klebsiella (8%), Enterococcus faecalis (4%), Proteus (4%). Globalement, 77% des isolats étaient sensibles aux FQ, avec de fortes variations entre pays (extrêmes, 58%-83%; France, 83%) et entre SU en France (extrêmes, 76% - 86%). Globalement, 89% des isolats étaient sensibles aux C3G, avec de fortes variations entre pays (extrêmes, 62%-93%; France, 93%) et entre SU en France (extrêmes, 90%-96%).

Entre 2010 et 2016, la proportion de souches sensibles aux FQ a augmenté de 75% à 78% (P < 0.001). Elle est restée stable en Suisse, et a augmenté significativement dans les 4 autres pays (France, de 81% à 84%). Parmi 5 SU français, la proportion de souches sensibles aux FQ est restée stable dans 3 cas, et a augmenté significativement dans 2 cas.

Entre 2010 et 2016, la proportion de souches sensibles aux C3G a diminué globalement de 94% à 92% (P < 0.001). Elle est restée stable en Suisse et en Italie, elle a diminué en France (de 94% à 92%, P < 0.001), et a augmenté en Espagne. Parmi 6 SU français, la proportion de souches sensibles aux C3G est restée stable dans 3 SU, et a diminué significativement dans 3 SU.

Conclusion: La sensibilité des uropathogènes aux C3G et aux FQ présente une forte variabilité entre pays et entre SU en France. Les taux de résistance sont globalement moins élevés en France que dans les autres pays. La résistance aux FQ diminue en France comme dans 3 autres pays européens, probablement grâce à la diminution de la consommation de quinolones en ville. En revanche, la France est le seul pays où la résistance aux C3G augmente. Ces résultats soulignent la nécessité de diminuer l'usage des C3G et des FQ, principaux antibiotiques responsables de l'augmentation de la résistance aux C3G.

Tags : infection urinaire antibiotiques fluoroquinolones céphalosporines résistance