P044 - Prescription, réévaluation et suivi des infections urinaires diagnostiquées aux urgences adultes et prises en charge en ambulatoire

Juliette Bourcier (1), Alexandre Chagvardieff (2), Diane Baldovini (2), Aurélie Rivière (2), Céline Seitz (2), Cécile Ferrigno (2), Antoine Roch (2), Nicolas Persico (2)

1. service d'accueil des urgences, hôpital Nord Marseille, Marseille, France
2. service d'accueil des urgences, hôpital Nord Marseille, marseille, France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Introduction : Les infections urinaires sont des pathologies très fréquentes aux urgences, dont la prise en charge peut souvent être ambulatoire. Or, le suivi de la tolérance et de l’efficacité d’un traitement débuté aux urgences est souvent complexe. L’objectif est d’étudier l’instauration d’un traitement antibiotique aux urgences, sa conformité au protocole informatisé existant, et les conséquences à 72h puis à 1 mois.

Matériel et méthode : Etude prospective, non interventionnelle, monocentrique dans un service d’accueil des urgences adulte d’un CHU du 1er avril 2016 au 30 avril 2017. Tous les patients de plus de 16 ans non hospitalisés qui présentaient un diagnostic d’infection urinaire étaient inclus. Les données épidémiologiques, du type de traitement et des complications ont été recueillies à l’aide de questionnaires à la sortie, à 72h et à un mois.

Résultats : 247 patients ont été inclus, avec un âge moyen de 41,4 [16-91] ans, 71 (28,7%) cystites, 142 (57,5%) pyélonéphrites aigües et 34 (13,8%) infections urinaires masculine. Toutes pathologies confondues 70,3% des prescriptions étaient conformes au protocole. Escherichia coli était présent dans 110 (44,5%) ECBU dont 102 (92,7%) sensibles aux fluoroquinolones et 55 (50%) sensibles à l’amoxicilline. 16 (6,5%) questionnaires ont été remplis à 72h. 155 (62,8%) patients ont répondu à un mois : 140 (90,3%) ont eu une observance optimale, 29 (26,1%) patients avaient rappelé à 72h pour connaitre les résultats de leurs ECBU et seulement 3 (1,9%) ont été hospitalisés. En analyse multivariée, aucun facteur de risque indépendant n’était associé à la persistance des symptômes à 1 mois.

Discussion : L’épidémiologie clinique et microbiologique est comparable aux études existantes. Le taux de prescriptions appropriées est supérieur aux données de la littérature, non modifié pour les internes par l’utilisation du protocole, alors qu’il augmente de façon significative pour les médecins séniors lorsqu’ils l’utilisent.

Conclusion : Le nombre de prescriptions conformes au protocole est élevé, avec pour conséquences une bonne observance et un faible taux de complications. Il est donc important dès les urgences de bien identifier les patients à risque de complications ou de non-observance et de les hospitaliser. Pour tous les autres patients, la prise en charge ambulatoire conforme à un protocole d’antibiothérapie simple et facilement accessible suffirait.