P171 - Pertinence des examens d'imagerie en cas de vertige aux urgences

Clémence Duperret (1), Elena-laura Lemaitre (1), Celine Renfer (2), Sarah Uge (3), Pierrick Le Borgne (4), Bilbault Pascal (2)

1. Service des urgences, CHU Strasbourg, France, Strasbourg, France
2. Emergency Department, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France
3. Emergency Department, Hautepierre Hospital, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, 1 Avenue Molière 67000, Strasbourg, Strasbourg, France
4. Emergency Department, Faculty of medicine, University of Strasbourg, France, France, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Le vertige est une pathologie fréquente (3-4% des admissions) au service d’accueil des urgences (SAU). Face à une présentation clinique variée, l’urgentiste doit faire la différence entre une étiologie périphérique et une cause centrale. L’objectif de cette étude était d’évaluer la pertinence des examens d’imagerie en cas de vertige au SAU.

Matériel et Méthodes: Nous présentons ici une étude rétrospective, monocentrique, colligeant l’ensemble des patients ayant consulté pour vertige entre janvier et décembre 2015 aux urgences d’un CHU.

Résultats: Sur 742 dossiers répondant aux critères d’inclusion, le sexe ratio hommes/femmes était de 1,7; la moyenne d’âge de 54,9 +/- 19,3 ans. Les facteurs de risques cardio-vasculaire étaient décrits dans 45,6% des observations médicales. Bien que la recherche d’un nystagmus soit retranscrite dans 307 (58,5%) cas, la mention d’une déviation oculaire et la manoeuvre de Halmagyi manquaient dans respectivement, 741 (100%) et 733 (98,9%) dossiers. On avait recours à l'imagerie cérébrale dans 332 (44,7%) dossiers; sur le total 109 (15,2%) scanners cérébraux sans injection, 69 (9%) angioscanners, 56 (7%) IRM cérébrales. On retrouvait 84 (11,3%) résultats anormaux. Moins de 4% des dossiers étaient conclus par le diagnostic d’AVC, et moins de 1% touchant la fosse postérieure. Les scanners cérébraux non injectés n’ont abouti à aucun diagnostic d’AVC. La durée de consultation moyenne aux urgences était de 950 +/- 516 minutes.

Discussion : Les outils cliniques tels le "HINTS" test sont absents des pratiques des médecins urgentistes qui utilisent l’imagerie en premier recours, souvent sans efficience diagnostique. Nos résultats montrent la sur-prescription de scanners cérébraux sans injection non pertinents du point de vue diagnostique, pour des durées de séjour qui s’allongent autant que le coût de prise en charge.

Conclusion: Malgré sa réalisation quasi-systématique en cas de vertige, le scanner cérébral sans injection ne permet pas de retrouver l’étiologie, mais représente une fausse réassurance des praticiens et des patients. Si une cause centrale est suspectée, une IRM cérébrale doit être réalisée, ou, à défaut, un TDM avec injection de produit de contraste pour permettre la visualisation de la fosse postérieure.

Tags : vertige accident vasculaire cérébral halmagyi skew test nystagmus