P073 - Pertinence de l'antibiothérapie de première intention au cours des pneumopathies aigues communautaires

Marion Léger (1), Marie Laboureur (1), Anne Claire D'arras (1), Grégory Gachet (1), Nicolas Desseigne (1), Alain Viallon (1)

1. Service d'Urgence adulte, CHU Saint-Etienne, Saint-Etienne, France
Diffusion le 13/06/2018

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Objectif : Evaluation de l’adéquation du traitement antibiotique au cours des pneumopathies aiguës communautaires (PAC), chez les patients adultes aux urgences. Méthode : étude prospective et descriptive, conduite sur 12 mois consécutifs dans un service d’urgences adultes. Les patients ont été inclus s’ils présentaient un foyer de condensation à la radiographie pulmonaire et/ou au scanner thoracique associé à au moins deux des critères cliniques suivants: hyper ou hypothermie, toux, dyspnée, foyer de crépitants, expectorations, douleur thoracique. L’adéquation de l’antibiothérapie a été définie selon les recommandations rédigées par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPLIF) et la Société Française de Pneumologie (SPLF) en 2010. Les facteurs explicatifs de la non-adéquation ont été identifiés en analyse unie et multivariée. Résultats : L’analyse a été portée sur 135 patients, d’âge médian 74 [63-85] ans, dont 75 (56%) étaient des hommes. Les patients étaient principalement représentés dans les classes 4 et 5 du score de Fine, 51 (38%) et 30 (22%), respectivement. Le nombre de patients hospitalisés a été de 117 (87%). Parmi les 135 patients, 95 (70%) ont eu une antibiothérapie adaptée (groupe 1) et 40 (30%) une antibiothérapie inadaptée (groupe 2). Parmi les patients du groupe 2, les causes d’une antibiothérapie inappropriée ont été les suivantes : sur prescription avec bi-antibiothérapie chez 23 (58%) patients, erreur sur la classe d’antibiotique chez 10 (25%), monothérapie au lieu d’une bi-thérapie chez 7 (17%). Sur les 117 patients hospitalisés, l’antibiothérapie a été modifiée chez 36 (44%) du groupe 1 et chez 22 (61%) du groupe 2, cette différence n’est pas significative (p=0,37). Parmi les 40 patients ayant une antibiothérapie non conforme prescrite aux urgences, 14 (39%) n’ont pas eu de modification de leur antibiothérapie durant l’hospitalisation. Après analyse multivariée, aucun des facteurs étudiés n’était statistiquement significatif entre les patients des deux groupes. Le taux de mortalité, hospitalière et à 30 jours, dans les groupes 1 et 2 a été de 13% et 11% (p=0,85), et de 14 % et 20% (p=0,17), respectivement. Conclusion : L’inadéquation de l’antibiothérapie, tend à être plus fréquente chez les patients ayant reçu une bi-antibiothérapie aux urgences. L’application stricte des recommandations devrait permettre de corriger facilement cela.

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