CP021 - Passages non-urgent dans les services d'urgence : estimation à partir d'un modèle prédictif basé sur les résumés de passages aux urgences.

Nicolas Persico (1, 2), Guilhem Noel (3, 4), Alexandre Chagvardieff (5), Céline Seitz (5), Margaux Seitz (5), Cécile Ferrigno (5), Gilles Viudes (3), Antoine Roch (5, 2)

1. Service des Urgences adultes, Hôpital Nord - Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, Marseille, France
2. Santé Publique, Maladies Chroniques et Qualité de Vie - Unité de recherche EA 3279, Aix-Marseille Université, Marseille, France
3. , Observatoire Régional des Urgences, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (ORU PACA), Hyères, France
4. Service des Urgences pédiatriques, Hôpital Nord - APHM, Marseille, France
5. Service des Urgences adultes, Hôpital Nord - APHM, Marseille, France

Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: Les Passages Non-Urgent (PNU) contribuent à la saturation des Services d’Urgence (SU), dont les effets délétères sur la prise en charge des patients sont avérés. Or la littérature montre une proportion très variable de PNU car aucune définition consensuelle n’existe. L’objectif de cette étude était de développer et valider un modèle prédictif d’un PNU à partir des variables du Résumé de Passage aux Urgences (RPU).

Matériel et méthode : Etude prospective mono-centrique dans un SU, incluant tous les patients admis durant un mois. Le caractère non-urgent de chaque passage était renseigné, à la sortie, par le médecin urgentiste à partir d’une définition consensuelle d’un PNU. Cette définition a été validée par un groupe de 24 urgentistes et 12 généralistes (méthode Delphi). Le modèle prédictif d’un PNU a été créé à partir des variables du RPU par régression logistique sur l’échantillon de développement. Puis les performances du modèle ont été testées sur l’échantillon de validation.

Résultats : Par consensus, un passage était défini non-urgent si « la prise en charge aurait pu être différée de 24h et avoir lieu chez un médecin généraliste dans les mêmes conditions de qualité des soins, sans nécessité d’acte diagnostic aux urgences ». Sur 4117 passages inclus, le caractère non-urgent a été renseigné pour 4090 (98.9%) passages. La proportion de PNU était de 19.5% [IC95% 18.3 – 20.7]. En analyse multi-variée (n = 2039), quatre variables étaient significativement associées au caractère PNU : mode d’admission, diagnostic principal, Classification Clinique des Malades des Urgences et destination (p < 0.001). Sur l’échantillon de validation (n = 2051), l’aire sous la courbe du modèle était de 0.736 [IC95% : 0.709 – 0.762] et le taux de bon classement global de 81.2%.

Discussion : A partir d’une définition obtenue par consensus, la proportion de PNU a été évaluée à 19.5% [IC95% 18.3 – 20.7] par les médecins urgentistes sur une période d’un mois. Les performances du modèle pour prédire un PNU étaient satisfaisantes avec 81,2% de bon classement global. Sa construction à partir de variables issues du RPU permettra de vérifier ces performances sur d’autres SU. Il pourrait constituer un outil d’aide à l’organisation globale des soins non programmés (circuit ambulatoire, maisons de santé, maisons médicales).

Conclusion : Un modèle statistique basé sur les données des RPU pourrait permettre une estimation du nombre de PNU dans les SU.

Tags : Non-urgent modélisation services d'urgences