P126 - Noyade de l'enfant en zone urbaine : étude observationnelle rétrospective

Frédérique Briche (1), Sabine Lemoine (1), Daniel Jost (1), Vincent Lanoe (1), Michel Bignand (1), Jean Pierre Tourtier (1)

1. Service Médical d'Urgence, Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: L’incidence, les circonstances et la survie des enfants victimes de Noyade en Zone Urbaine (NZU) hors zone maritime est peu rapportée dans la littérature. Le but de ce travail était de rapporter les caractéristiques épidémiologiques en particulier l’incidence des enfants noyés en zone urbaine pris en charge par des équipes de secours pré hospitalières.

Matériels et méthodes: Etude observationnelle rétrospective validée par un Comité d’Ethique. Critères d’inclusion : enfant < 15 ans ayant bénéficié de secours institutionnels pré-hospitaliers à partir d’un Centre de Traitement des Appels (CTA). Variables recueillies: 1. Epidémiologiques (âge, sexe, saison, heure de prise en charge) ; 2. Circonstances (lieu de survenue) 3. Chaine de secours mise en œuvre ;  4. Devenir (décès sur place, transport cœur battant à l’hôpital). L’analyse statistique était univariée avec comme estimateurs la médiane [espace interquartile] et le pourcentage, selon la nature quantitative ou qualitative des variables.

Résultats: Du 1er  janvier 2011 au 31 décembre 2016,  1000 NZU ont été prises en charge, dont 38 étaient des enfants < 15 ans. Ces 38 inclus (100%)  étaient âgés de 6 ans (EIQ : [3-12]) avec 22 (58%) garçons. La NZU est survenue en journée dans 34 (89%) cas, le week-end dans 18 (47%) cas, au printemps-été dans 26 (68%) cas. La NZU était liée à une chute d’une passerelle dans 2 (5%) cas ; elle avait eu lieu dans une piscine (n=6 ; 16%), dans une salle de bain (n=9 ; 24%), dans un plan d’eau (n=9 ; 23%), dans un cours d’eau (n=14 ; 37%). Le CTA a envoyé  une équipe médicale pré hospitalière dans 17(45%) cas ; les équipes secouristes étaient suffisantes dans 21 (55%) cas. Cinq enfants/38 soit 13% étaient en arrêt cardiaque à l’arrivée de secours dont 3 (8%) étaient déclarés décédés sur place après réanimation médicalisée. Vingt-neuf enfants (76%) étaient transportés vers un centre hospitalier ; 6 (15%) restaient à domicile devant l’absence de réelle « noyade ».

Discussion: Le taux de mortalité reste élevé avec des NZU principalement en canal et aux saisons de printemps-été.

Conclusion: L’étude se poursuit sur une plus grande cohorte pour préciser les délais de prise en charge et le premier rythme en cas d’arrêt cardiaque. Sont prévues à moyen terme une campagne de prévention suivie d’une nouvelle mesure de l’incidence de victimes de  noyade en zone urbaine.

Tags : noyade enfant épidémiologie survie zone urbaine