P221 - Les incidents à bord des avions de long courrier français : une étude observationnelle

Fabien Brigant (1), Dominique Pateron (1), Michel Clerel (2)

1. Service d'accueil des urgences, Hôpital Saint-Antoine (APHP - PARIS), PARIS, France
2. Aeronautique Medical Consulting, Aeronautique Medical Consulting, GIF SUR YVETTE, France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Introduction : Le trafic arien est en perpétuelle expansion. En 2016, 3,7 milliards de passagers ont voyagé dans le monde soit une hausse de 6% par rapport à 2015. En 2030, 5 milliards de passagers sont attendus dont 50% seront âgés de plus de 50 ans. L’objectif de cette étude était donc d’analyser les incidents médicaux à bord des avions long courrier français.

Méthode : Ce travail a consisté en une étude prospective, multicentrique, observationnelle, de mai à aout 2016. Etait inclus tout rapport d’incident rédigé en vol et transmis au médecin de la compagnie quel que soit le motif. Les éléments recueillis du CRASDAB (compte-rendu d’accident, soins et dommage à bord) étaient : l’âge et le sexe du patient (membre de l’équipage ou passager), le motif de l’incident, l’appel ou non à un médecin, la formulation ou non d’une demande d’avis au sol, d’aide à l’arrivée ou de déroutement. L’utilisation de la trousse médical d’urgence (TMU) était également étudiée. 

Résultats : 100 patients ont été inclus auprès de deux compagnies aérienne françaises long courrier (Air Caraïbes et Corsair). Les patients étaient âgés de 10 mois à 95 ans, soit un âge médian de 50ans (N = 21). Les motifs les plus fréquents étaient : les motifs cardiologiques (malaises, douleurs thoraciques) à 29%, les motifs traumatiques (contusions, plaies) à 20% et les causes neurologiques (agitations, confusions) à 13%. Les incidents à bord ont entraînés : 4% d’avis au sol, 27% d’aide à l’arrivée (dont 9% de demande de police) et 2% de déroutement (une suspicion d’IDM et une d’AVC). Un appel à un médecin a été réalisé pour 58% des cas, présent dans 85% des cas. Les incidents concernant les passagers (N = 74) étaient à 93% des motifs médiaux contre des motifs traumatologiques à 80% pour le personnel naviguant cabine (N = 26). La trousse médicale d’urgence a été utilisé par 75% des médecins. Les médicaments utilisés étaient en priorité : 32% des cas des antalgiques, 16% des antiallergiques et 13% des cas le salbutamol.

Conclusion : Les incidents à bord sont rares et très fréquemment bénins. Nos chiffres sont comparables avec la littérature entre autre cette augmentation observée des cas de « air rage ». Le vieillissement de la population voyageant entrainera probablement une augmentation des ces incidents en vol.

Tags : urgences à bord voyage aérien