CP103 - Les biomarqueurs dans la stratification des douleurs abdominales : Etude BIOMAB

Claudine A. Blum (1, 2), Anne Laure Paquet (1), Laëtitia Velly (3, 4), Maguy Bernard (5), Matthieu Faron (6, 7), Christophe Tresallet (8, 4), Pierre Hausfater (9, 4)

1. Service d'accueil des Urgences, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France
2. Service de Médecine Interne Générale et des Urgences, Clinique Médicale Universitaire, Hôpital Cantonal, Aarau, Aarau, Suisse
3. Service d'Accueil des Urgences, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France
4. Sorbonnes Universités UPMC, Univ Paris VI GRC-14 BIOSFAST, Paris, France
5. Service de Biochimie, CHU Pitié-Salpêtrière et Université Paris Descartes, Paris, France
6. Service de Chirurgie Générale, Viscérale, Endocrinienne Pr Menegaux, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France
7. Département de biostatistiques et épidémiologie, unité INSERM 1018 CESP Equipe Oncostat, Gustave Roussy cancer campus, Villejuif, France
8. Service de Chirurgie Générale, Viscérale, Endocrinienne Pr Menegaux, CHU Pitié-Salpêtrière et Sorbonnes Universités UPMC-Univ Paris 06, Paris, France
9. Service d'accueil des Urgences, CHU Pitié-Salpêtrière et Sorbonnes Universités UPMC-Univ Paris 06, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: La douleur abdominale aigue représente un défi diagnostique fréquent aux urgences. L’objectif de cette étude observationnelle était d’évaluer l‘intérêt diagnostique et pronostique des biomarqueurs pour distinguer une douleur abdominale bénigne d’ une urgence chirurgicale abdominale. 

Matériel et Méthode: Les patients qui se présentaient aux urgences avec une douleur abdominale aigue étaient inclus. Un prélèvement de sang était fait à H0 avec le bilan usuel (dont la CRP) et H4 pour dosage ultérieur de copeptine ultrasensible, cortisol, procalcitonine (PCT) et IL-6. Un rappel téléphonique à J15 était effectué. 

Résultats: De mai 2015 à Juillet 2016, 304 patients avec douleur abdominale aigue ont été inclus : 145 hommes (48%), âge médian 43 ans (IQR 30-56), 46 patients (15 %) présentaient une urgence chirurgicale.

La CRP était plus haute chez les patients avec urgence chirurgicale (médiane 22 [IQR 2-95] vs. 4 mg/L [1-25], p=0.0024, area under the curve (AUC) 0.64 [0.55-0.73]).

La PCT était plus élevée à H0 chez les patients avec une urgence chirurgicale (H0: 0.07 [0.05-0.20] vs. 0.06 μg/L [0.04-0.11], p=0.0090, AUC 0.62 [0.54-0.70], mais pas à H4: 0.07 [0.05-0.23] vs. 0.06 μg/L [0.04-0.11, p > 0.1].

L’IL-6 était plus élevée à H0 et H4 chez les patients avec urgence chirurgicale (H0 : 10 [10-37] vs. 10 [10-14] pg/mL, p= 0.0223, AUC 0.59 [0.49-0.68] ; H4 : 26 [10-75] vs. 10 [10-11] pg/mL, p=0.0006, AUC 0.71 [0.56-0.85].

Ni le cortisol ni la copeptine à H0 ou à H4 n’étaient différents entre les patients avec ou sans urgence chirurgicale (tous p > 0.1).

Dans le groupe des patients avec une douleur abdominale non spécifique, CRP, PCT et cortisol à H0 étaient plus bas que chez les patients avec une urgence chirurgicale (tous p < 0.05). Ni le cortisol à H4 ni l’IL-6 à H0 ou H4 n’étaient différents entre les deux groupes (tous p > 0.1)

 Discussion: Dans cette étude, le dosage des biomarqueurs de stress comme la copeptine et le cortisol ne sont pas discriminants pour identifier les urgences chirurgicales. La CRP, la PCT et à une moindre degré l’IL-6 ont de meilleures performances pour stratifier la gravité des douleurs abdominales, mais leur AUC reste médiocre.

 Conclusion: Parmi les marqueurs testés, la CRP et la PCT avaient les meilleurs performances, mais restent insuffisante à elle seules pour guider efficacement la prise en charge thérapeutique des douleurs abdominales aiguës.

Cette étude a bénéficié d’un contrat de recherche SFMU 2015.

Tags : biomarqueurs douleurs abdominales copeptine procalcitonine