CP004 - Le pronostic de l'arrêt cardiaque traumatique est-il vraiment plus sévère que celui de l'arrêt cardiaque médical? Une étude nationale sur populations appariées

Joséphine Escutnaire (1), Michaël Genin (2), Valentine Baert (3), Pierre Mols (4), Jan-thorsten Gräsner (5), Steven Lagadec (6), Karim Tazarourte (7), Hervé Hubert (1)

1. EA 2694 - Santé Publique : épidémiologie et qualité des soins, Univeristé de Lille, Lille, France
2. EA 2694 - Santé Publique : épidémiologie et qualité des soins, Univeristé de Lille , Lille, France
3. Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), Laboratoire de santé publique de Lille EA2694, Lille, France
4. Emergency Department, Saint-Pierre University Hospital, Université Libre de Bruxelles, Bruxelles, Belgique
5. , Institut für Rettungs-und Notfallmedizin, Kiel, Allemagne
6. Urgences SAMU SMUR, Centre Hospitalier de Corbeil Essonnes - SAMU 91, Corbeil-Essones, France
7. Pôle anesthésie - Urgences - Réanimation, Hopital Edouard Herriot, Lyon, France

Diffusion le 13/06/2018

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Introduction :  La question de la « futilité » de la réanimation des arrêts cardiaques traumatiques (ACT) est abordée dans la littérature sans qu’un consensus réel ne soit trouvé. Or, cette question n’a de sens que s’il existe un réel écart pronostic entre les ACT et les ACM. Aucune étude sur populations comparables n’a permis de répondre à cette question. L’objectif de cette étude est de comparer la survie immédiate et à 30 jours post-AC entre victimes d’ACT et d’AC médicaux (ACM) sur populations comparables.

Méthode : Etude nationale multicentrique basée sur les données du registre national de l’arrêt cardiaque (RéAC). Dans un premier temps nous avons comparé les deux cohortes en termes de démographie, de prise en charge et de devenir. Dans un second temps, nous avons comparé leurs survies respectives après appariement sur modèle de propension.

Résultats : Nous avons inclus 3209 ACT et 40878 ACM. Les patients en ACT étaient statistiquement plus jeunes et la population plus masculine. Ces AC survenaient plus hors-domicile, étaient moins pris en charge par les témoins, pompiers et équipes SMUR. A l’admission et à 30 jours, leur survie était également moindre (respectivement 14,0% vs 20,4% ; p < 0,001 et 1,5% vs 5,9% ; p < 0,001). Leurs chances de survie étaient 2,2 fois moindres à l’admission et 4,2 fois moindres à 30 jours. Après appariement, ces différences étaient encore davantage marquées avec 14,2% vs 29,3% de survie à l’admission (p < 0,001) et 1,6% vs 9,0% à trente jours (p < 0,001). L’écart en termes de chances de survie s’était encore creusé sur populations comparables puisque celles des ACT étaient 2,4 fois moindres à l’admission et 6 fois moindres à trente jours.

Discussion : La population d’ACT observée était cohérente avec la majorité du corpus bibliographique. Nous avons notamment observé des faiblesses dans la chaine de survie qui ont par ailleurs été décrites. Les taux de survie plus faibles que chez leurs homologues médicaux et l’accroissement de ces écarts dans un contexte quasi-expérimental contredisaient une partie de la rare littérature traitant du sujet.

Conclusion : La question soulevée par les recommandations américaines au regard de l’abstention/interruption de la réanimation chez les victimes d’ACT est légitime. Toutefois, bien que les taux de survie de ces patients soient significativement plus faibles que chez les ACM, le taux de survie reste non-négligeable. Ainsi, la réanimation pré-hospitalière de ces patients semble pertinente.

Tags : Arrêt cardiaque pronostic arrêt cardiaque médical arrêt cardiaque traumatique registre survie