CP106 - Le juste prescrire des radiographies aux urgences, l'adhésion aux recommandations est difficile à mettre en pratique

Jean-baptiste Perez (1), Arnaud Michalon (1), Adrien Drouet (1), Vincent Gautier (1), Virginie Savry (2), Madeline Fournier (2), Dominique Savary (1)

1. Urgence, CH Annecy Genevois, Metz-Tessy, France
2. Urgences, CH Annecy Genevois, Metz-Tessy, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Certaines recommandations du guide de bon usage des examens d’imagerie médical de la Société Française de Radiologie de 2013, concernent la prescription de plusieurs radiographies dans les services d’accueil d’urgences (SAU). Après avoir fait un état des lieux dans 3 SAU, nous avons mis en place une campagne de formation et de rappel informatique lors de la prescription pour améliorer nos pratiques. Le but de notre étude était d’évaluer l’efficacité de ces actions sur le juste prescrire.

Matériel et méthode : Nous avons d’abord réalisé une étude rétrospective dans 3 SAU (avec un volume de passage global de 10000 par an) à partir du logiciel de prescription, d’avril 2016 à mars 2017. Les radiographies de traumatologie uniquement ont été analysées en fonction des recommandations de la SFR : les os propres du nez (OPN) si médico-légal, le rachis cervical selon les règles de NEXUS / C-CSR, le gril costal abandonné au profit de l’échographie, le genou et la cheville selon les critères d’Ottawa. Puis une étude prospective de juin à novembre 2017, a été réalisée après une information du personnel médical sur ces recommandations et « rappel » informatique au moment de la prescription. L’objectif principal est l’évaluation des pratiques professionnelles, permettant de déterminer le potentiel d’économie de santé et de radioprotection. Les statistiques sont données en % pour les variables quantitatives.

Résultats : 833 prescriptions de radiographies ont été analysées de façon rétrospective et 664 de façon prospective. L’ensemble de ces prescriptions comportaient : 172 radiographies d’OPN, 348 de rachis cervical, 235 de gril costal, 231 de genou et 511 de cheville. 51,4% des patients étaient des hommes et 66,9% des radiographies ont été prescrites par un médecin sénior. L’étude prospective nous montre des réductions de radiographies non justifiées de : 9,9% pour les OPN (p = 0,14), 13% pour le rachis cervical (p = 0,92), 0,1% pour le genou (p = 0,98) et 2,7% pour la cheville (p = 0,51), soit un surcoût total d’environ 34259 euros par an correspondant à 130mSv.

Discussion : Nous constatons qu’il existe encore une marge de progression pour suivre les recommandations de prescriptions de radiologie en traumatologie aux urgences. Nous allons donc proposer d’autres actions d’amélioration. L’enjeu est important. Cette optimisation des pratiques peut réduire les coûts, augmenter la radioprotection des patients et permettre aussi une réduction du temps de passage.

Tags : radiographie recommandation urgence os propre du nez rachis cervical gril costal genou cheville