P108 - La reconversion des médecins urgentistes vers la médecin générale : une étude qualitative.

Remi Perrin-bayard (1), Hugo Krebs (1), Charlotte Turquay (2), Cyrielle Fasula (2), Pierre-geraud Claret (1), Xavier Bobbia (1, 3), Jean Emmanuel De La Coussaye (2)

1. Urgences / SAMU / SMUR, CHU Carémeau Nîmes, Nîmes, France
2. Urgences / SAMU / SMUR, CHU Carémeau Nîmes, NIMES, France
3. Service des Urgences Timone 2, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, MARSEILLE, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La réorientation professionnelle des médecins ne fait pas exception et ces dernières années celle des urgentistes a été placée au centre des débats avec en ligne de mire la pénibilité au travail. L’objectif de notre étude était d’étudier les facteurs et motivations de la réorientation vers la médecine générale d’anciens urgentistes. Les objectifs secondaires étaient de recueillir leurs opinions sur la mise en place du DES de médecine d’urgence et d’évaluer les apports et limites d’une pratique préalable de la médecine d’urgence à la médecine générale.

 

Matériel et méthodes : étude qualitative menée par entretiens semi-dirigés de médecins généralistes anciennement urgentistes, avec le support d’un guide d’entretien, et réalisés jusqu’à  saturation des données. L’analyse des résultats a été thématique.

 

Résultats : Huit entretiens ont été réalisés. Les motivations principales à la réorientation étaient d’une part les facteurs liés à la pratique de médecine d’urgence : le rythme et les conditions de travail, l’évolution de la médecine d’urgence et la peur de l’erreur médicale; et d’autre part les facteurs liés à la médecine générale : la relation médecin-patient, le choix du type de pratique, la vocation, l’indépendance et l’auto-détermination. Des difficultés ont été rencontrées lors de la reconversion mais elles ont pu être surmontées par le recours à des formations, au partage d’expérience entre confrère et à un support logistique. Les opinions sur la création du DES de médecine d’urgence divergent. Malgré un apport certain en terme de formation et de reconnaissance de la filière universitaire, des craintes subsistent concernant les possibilités de réorientation.

 

Discussion : un biais de recrutement peut être relevé. En effet, la population sélectionnée malgré sa diversité ne comportait aucun médecin issu du DESC de médecine d’urgences. Par ailleurs, une certaine subjectivité inhérente à tout travail qualitatif demeure.

 

Conclusion : la création du DES de médecine d’urgence va considérablement limitée les trajectoires de réorientation telles que celles empruntées par ces anciens urgentistes. Mais les motivations présentées par ces médecins reconvertis offrent des pistes de réflexion aux instances décisionnaires concernant la démographie médicale actuelle de la médecine générale et de la  médecine d’urgence.

Tags : Médecine d'urgence médecine générale reconversion DES médecine d'urgence formation