CP050 - La perception du patient quant à l'information médicale reçue au cours de son hospitalisation dans un service de médecine d'urgence

Diane Lallemand (1), Mathieu Carron (1), Jean-marc Minguet (2), Jacques Levraut (1)

1. SAU SAMU SMUR, CHU Pasteur 2, Nice, France
2. SAU SMUR, CH Draguignan, Draguignan, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : L’information médicale, indissociable de la prise en charge du patient, constitue une obligation déontologique et légale pour le médecin. L’objectif de l’étude était d’évaluer les caractéristiques de l’information délivrée au patient par le médecin lors de son passage aux urgences.

Matériel et méthode : Une étude prospective, transversale, d’épidémiologie descriptive, fut conduite dans 2 services de médecine d’urgences. Tous les patients admis pouvaient être inclus dans l’étude sauf en cas : d’urgence vitale ; de pathologie psychiatrique ; d’état d’ébriété ; de Glasgow < 15 ; de dégradation clinique pendant leur prise en charge ; de refus de participation. Les patients réalisaient initialement un test cognitif (Brief Mental Status Examination) puis étaient soumis à un questionnaire basé sur les recommandations de la loi du 4 mars 2002. Les réponses permettaient d’établir une évaluation objective et subjective du patient quant à l’information délivrée par le médecin.  Un test du Chi2 fut utilisé et un seuil de significativité < 0,05 retenu. Une analyse de variance a permis d’étudier les relations entre certains facteurs pouvant influencer les deux notes.

Résultats : Du 27 janvier au 21 juin 2017, 183 patients furent inclus dans l’étude dont 89 secondairement hospitalisés et 94 sortants. Les moyennes respectives des notes objectives et subjectives étaient 30,9/100 et 76/100, pour une différence retrouvée de 40 points (p < 0,0001). 73,2% des patients déclarèrent être informés sur le diagnostic, 57,4% sur les investigations et 39,9% sur les traitements. Une corrélation significative existait entre la disponibilité des médecins et l’évaluation objective (p < 0,0001) et subjective (p = 0,0001). 84,2% des patients déclarèrent avoir compris l’information reçue. Les médecins s’assurèrent de la compréhension de leur patient dans 47,5% des cas.

Conclusion : Alors que l’information médicale délivrée aux urgences est insuffisante, la délivrance d’une information détaillée ne paraît pas être judicieuse dans le contexte de l’urgence. La satisfaction des patients semble plus corrélée à leur perception d’obtenir les informations sur la prise en charge qu’à leur quantité et qualité. La formation des médecins à la communication serait utile pour l’apprentissage des méthodes de synthétisation des informations pertinentes au patient.

Tags : information médicale communication urgences satisfaction relation médecin-malade compréhension