P015 - La défibrillation grand public sur l'arrêt cardiaque traumatique est-elle futile?

Hervé Hubert (1), Laurent Castra (2), Jean-pierre Tourtier (3), Valentine Baert (4), Joséphine Escutnaire (1), Pierre-yves Gueugniaud (5), Karim Tazarourte (5), Gr-réac (6)

1. Pôle de l'Urgence, SAMU du Nord, EA 2694 Université Lille Nord de France, Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), Lille, France 2. Laboratoire de Santé Publique de Lille, Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), Lille, France 3. Brigade des sapeurs pompiers de Paris, Brigade des sapeurs pompiers de Paris , Paris, France 4. Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), Laboratoire de santé publique de Lille EA2694, Lille, France 5. Pôle anesthésie - Urgences - Réanimation, Hopital Edouard Herriot, Lyon, France 6. , Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC), Lille, France

Diffusion le 06/12/2015

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Introduction: Le pronostic des AC traumatiques (ACT) est considéré comme extrêmement péjoratif. Certains auteurs américains se sont donc posé la question de l’utilité d’une RCP spécialisée. La question de la futilité de la RCP réalisée par le témoin a été peu évoquée dans la littérature. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de l’utilisation d’un défibrillateur automatique (DA) sur la survie des ACT.

Matériel et Méthode: Etude prospective, comparative, multicentrique basée sur les données du RéAC entre le 01/07/2011 et le 01/11/2014. Nous avons comparé en termes de survie le groupe des patients en ACT avec pose de DA (G+) avec le groupe des patients en ACT n’ayant pas bénéficié de la pose d’un DA (G-).

Résultats: Parmi les 31981 AC enregistrés, 3130 étaient des arrêts d’origine traumatique. La population était relativement jeune avec un âge médian de 47 ans [31;63]. Le noflow médian était de 7 minutes [1;13]. La population était majoritairement masculine (75,1%) et l’ACT survenait dans 43,7% des cas à domicile. Un témoin était présent au moment de l’ACT dans 43,8% des cas. 39,5% d’entre eux mettait en place une réanimation immédiate dont 28,3% sur conseil téléphonique. 333 ACT sont survenus en présence d’un DA (10,6%). 82,3% d’entre eux ont été utilisés par un témoin. 82,8% des témoins posant un DA avaient reçu une formation dont 58,6% de plus de 3 heures. Parmi les DA posés, 5,1% ont délivré un choc. Les patients G+ survivent significativement mieux que les autres, quel que soit leur rythme. En effet, 25,5% des patients G+ ont une RACS vs 17,5% pour les G- (p=10-3). A l’admission respectivement 24,8% et 16,1% survivent (p=10-3). A moyen terme et bien que la différence ne soit pas significative (p=0,133), les patients G+ survivent globalement plus souvent que les autres (2,9% vs 1,6%). On ne distingue également pas de différence dans leur devenir neurologique. 71,4% des patients G+ survivent avec un bon pronostic neurologique versus 65,9% des G- (p=1).

Conclusion: Bien que les victimes d’ACT ne soient que très anecdotiquement choquées en raison de la prédominance très nette de rythmes non choquables comme l’asystole, la pose d’un DA par le témoin est un facteur important influençant leur survie. Bien plus que la délivrance d’un CEE, c’est l’ensemble des gestes accompagnant l’utilisation du DA qui est facteur d’amélioration de la survie. L’installation d’un DA doit être l’occasion de former et d’informer le grand public aux gestes qui sauvent.

Tags : Arrêt cardiaque traumatique défibrillation