CP031 - L'intensité de la douleur est elle un bon critère de sélection des patientes nécessitant une imagerie à la phase initiale d'une pyélonéphrite aiguë aux urgences?

Sarah Gauthier (1), Benoit Peyronnet (2), Pierre Tattevin (3), Jacques Bouget (1), Luc Beuzit (4), Romain Mathieu (2), Charles-karim Bensalah (2)

1. SAU - SAMU, CHU Pontchaillou - Rennes, Rennes, France
2. Urologie, CHU Pontchaillou - Rennes, Rennes, France
3. Maladies Infectieuses, CHU Pontchaillou - Rennes, Rennes, France
4. Imagerie médicale, CHU Pontchaillou - Rennes, Rennes, France
Diffusion le 13/06/2018

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Objectif : Les pyélonéphrites aiguës de la femme représentent une pathologie courante des soins primaires, avec un risque de complication notable. Nous avons donc recherché l’existence de facteurs pronostiques de complication urologique en cas de pyélonéphrite aiguë de la femme de 18 à 65 ans devant amener à faire réaliser une imagerie des voies urinaires.

Méthode : Inclusion des patientes de 18 à 65 ans ayant consulté au service d’accueil des urgences de notre centre entre 2010 et 2015 pour une pyélonéphrite aiguë, exclusion de celles n’ayant pas eu d’imagerie des voies urinaires ; analyse statistique de leurs données cliniques, biologiques, d’imagerie. Le critère de jugement principal était défini comme la présence d’une complication urologique à l’imagerie (obstacle, abcès, dilatation des cavités pyélo-calicielles) ; le critère de jugement secondaire était la modification thérapeutique après un diagnostic fait à l’imagerie.

Résultats : Sur 239 patientes au départ, 120 patientes avaient les critères d’une pyélonéphrite aiguë simple et ont bénéficié d’une imagerie. Parmi celles-ci, 54 (soit 45%) avaient une complication urologique à l'imagerie : lithiase obstructive (n=42); dilatation des cavités pyélocalicielles sans obstacle (n=26); autre obstacle (n=10); abcès rénal (n=10); avec modification de la prise en charge thérapeutique chez 36,7% d’entre elles. En analyse multivariée, un antécédent de lithiase urinaire (OR=2,41; P=0,01) et le caractère morphino-requérant de la douleur (OR=5,29; P=0,009) étaient prédictifs de complication urologique à l’imagerie. En analyse multivariée, l’âge >40 ans (OR=4,58; P=0,02) et le caractère morphino-requérant de la douleur (OR=3,78; P=0,02) étaient prédictifs de complication(s) urologique(s) à l’imagerie en cas de pyélonéphrite étiquetée ‘simple’. 

Conclusion : Le caractère morphino-réquérent de la douleur, l’âge de la patiente (plus de 40 ans) et l’antécédent de calcul sur les voies urinaires semblent être des facteurs pronostiques de complication à l’imagerie devant inciter à faire réaliser une imagerie des voies urinaires s’ils sont retrouvés à l’examen. Devant le fort taux de complications urologiques retrouvé (45%) dans notre série de patientes consultant aux urgences, il pourrait également être discuté de réaliser une imagerie de dépistage systématique chez cette population.

Tags : Pyélonéphrite imagerie échographie scanner complication