P050 - L'antibiothérapie dans les exacerbations de BPCO. Analyse rétrospective en vue d'introduire un protocole standardisant la prise en charge des exacerbations de BPCO aux urgences

Firas Aboukassem (1), Stéphanie Vincent (1), Eric Roupie (2)

1. Service des urgences, CHU de Caen, Caen, France
2. SAMU 14, CHU de Caen, Caen, France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Introduction : L’exacerbation de BPCO est un motif fréquent de recours aux urgences, surtout en hiver. Il est difficile de différencier si l’épisode est bactérien ou viral. L’objectif est d’analyser l’adéquation des pratiques aux recommandations de la HAS afin de discuter d’introduire un protocole de service sur la prise en charge des exacerbations de BPCO.

Matériel et méthode : Cette étude rétrospective réalisée sur les 5 mois entourant l’hiver 2016-2107 dans notre établissement analysait l’existence d’un stade de GOLD, la présence de crachats abondant et purulents, la CRP, la PCT, l’antibiothérapie et l’orientation à la sortie des urgences des patients ayant été admis avec un diagnostic d’exacerbation de BPCO.

Résultats : Sept-cent-dix-huit dossiers ont été étudiés. 245 concernaient des décompensations de BPCO dont 140 des exacerbations sans facteur étiologique évident. Une antibiothérapie était prescrite dans 79 cas (56 %). L’antibiotique était l’Amoxicilline acide clavulanique dans 43 cas (54 %), l’association Ceftriaxone et Spiramycine dans 20 cas (25 %). 38 patients (27 %) avaient déjà eu une antibiothérapie dans le mois précédent. 118 (85 %) patients ont été hospitalisés, dont 11 (8 %) en réanimation. Le stade de GOLD n’était connu que dans 64 cas (46 %). Parmi ces patients, l’antibiothérapie n’était pas plus souvent prescrite chez les patients qui avaient une indication à l’antibiothérapie selon les recommandations de l’HAS (p = 0,77). Les patients avec des crachats purulents avaient une CRP significativement plus élevée (38 ± 33 [3 ; 201]) que les autres (17 ± 15 [3 ; 77]), p =0,0033. Une antibiothérapie était significativement plus fréquemment instaurée chez les patients avec une augmentation de la purulence des crachats (75 % contre 48 %, p = 0,0046) et chez ceux qui avaient une CRP significativement plus élevée (78 ± 62 [3 ; 366] contre 18 ± 15 [3 ; 77], p < 0,001), indépendamment de l’aspect de leurs crachats. La PCT n’a été dosée qu’une fois.

Discussion : Les recommandations de la HAS en ce qui concerne l’indication des antibiotiques lors des exacerbations de BPCO ne peuvent être respectées car elles reposent sur le stade de Gold de la BPCO souvent inconnu aux urgences. La CRP et la purulence des crachats semblent guider en pratique la prescription d’antibiotiques. Un protocole de prise en charge pourrait standardiser l’indication des antibiotiques dans ce contexte. Une piste pourrait être d’intégrer le dosage de la PCT dans la prise en charge.

Tags : antibiothérapie BPCO exacerbation