P120 - Intérêt de l'analyse des dérivés capillaires chez les enfants admis aux Urgences pédiatriques pour intoxication accidentelle au cannabis

Mathilde Le Breton (1), Camille Bréhin (2), Caroline Cortey (3), Céline Maréchal (3), Souleiman El Balkhi (4), Nicolas Franchitto (5), Isabelle Claudet (2, 6)

1. Pôle Médecine d'Urgence, CHU Toulouse, Toulouse, France
2. Urgences pédiatriques, Hôpital des Enfants-CHU Toulouse, Toulouse, France
3. Urgences pédiatriques, CHU Toulouse, Toulouse, France
4. Laboratoire de Toxicologie, CHU Limoges, Toulouse, France
5. Centre antipoison, Hôpital Purpan - CHU Toulouse, Toulouse, France
6. UMR 1027, Inserm, Université Paul Sabatier, UPS, Toulouse, France
Diffusion le 13/06/2018

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Les admissions pour intoxication non intentionnelle du jeune enfant (< 6 ans) par cannabis sont en augmentation en France.

Objectif – Analyser les prélèvements capillaires d’enfants intoxiqués afin d’établir le caractère chronique ou non de l’exposition au cannabis et le degré d’exposition environnementale (faible, modéré, élevé) selon les seuils retenus de THC et de cannabinol (THC-COOH) suite à l’étude cannhairkid

Matériel et méthodes – Etude rétrospective descriptive monocentrique réalisée du 1er janvier 2014 au 31 juillet 2017 au sein d’un service d’urgences pédiatriques d’un CHU. Tous les enfants âgés de moins de 6 ans admis pour une intoxication prouvée non intentionnelle par cannabis et ayant fait l’objet d’un prélèvement capillaire étaient inclus. Les taux de THC, cannabidiol, cannabinol étaient mesurés par chromatographie en phase liquide couplée à une spectrométrie de masse en tandem. Tous les parents étaient revus, après obtention des résultats, en consultation par un pédiatre et une assistante sociale.

Résultats – Sur la période de l’étude, 35 patients ont été sélectionnées, 25 enfants ont eu un prélèvement de cheveux (15 filles (sexe ratio=0,67)). Ces 25 patients étaient âgés en moyenne de 18 mois. Le lieu principal d’intoxication était le domicile et par ingestion de résine de cannabis (100%). Sept d’entre eux étaient en stade de coma à l’admission. L’analyse capillaire était globale pour 18 enfants (longueur insuffisante de mèche) et segmentaire dans les autres cas. Un quart des patients avaient une exposition environnementale forte au cannabis (THC > 1ng/mg de cheveux), dont un tiers une absorption significative de THC dans l’organisme (THC > 1ng/mg et présence de THC-COOH). Dix-huit dossiers ont fait l’objet de la rédaction d’une d’information préoccupante. Le Parquet des Mineurs a été saisi à trois reprises et une demande de placement a été directement effectuée pour un enfant.

Conclusion – Une analyse capillaire, avec ses limites liées à l’âge, permet de mieux appréhender l’existence d’une exposition chronique et l’importance de l’exposition. Ceci permet de mieux adapter les mesures de protection sociale et permet d’obtenir de la part du ou des parents l’acquiescement de leur consommation. La consultation pluridisciplinaire permet d’évaluer la consommation parentale de cannabis, de sensibiliser les parents aux risques encourus par l’enfant, les orienter vers une consultation d’Addictologie.

Tags : intoxication cannabis pédiatrie