P071 - Incidence et recherche de facteurs prédictifs d'hyperoxie en médecine d'urgence.

Julie Contenti (1), Anne Gourounas (2), Jacques Levraut (1)

1. accueil des urgences , CHU NICE , nice, France
2. Accueil des urgences, CHU Nice, Nice, France
Diffusion le 13/06/2018

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Incidence et recherche de facteurs prédictifs d’hyperoxie en médecine d’urgence

Introduction: L’oxygène à un rôle vital pour l’organisme, cependant une utilisation inadaptée peut entrainer une hyperoxie responsable de stress oxydant (lésions tissulaires, altération des mécanismes de défense). L’hyperoxie est de plus en plus reconnue comme un facteur de mauvais pronostic chez les patients de réanimation, avec une tendance à la surmortalité et à la majoration d’évènements indésirables. Il n’existe pas à ce jour de littérature sur l’incidence de l’hyperoxie en médecine d’urgence.
Objectif: Le but de ce travail a été d’évaluer l’incidence de l’hyperoxie et de rechercher des facteurs prédictifs de cet état, chez des patients admis en service de réanimation à la suite de leur passage aux urgences.
Matériels et méthodes: Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective mono centrique, réalisée de janvier 2015 à décembre 2016. Les patients âgés d’au moins 18 ans ayant bénéficiés d’un GDS artériel aux urgences puis transférés en réanimation, ont été inclus. Le critère de jugement principal était la présence une PaO2 initiale supérieure à 120mmHg, définissant l’hyperoxie. Les critères de jugement secondaires étaient la mortalité et la survenue d’évènements indésirables à J-28.
Résultats: Sur 326 patients, 39,3% étaient hyperoxiques aux urgences avec une PaO2 moyenne à 132,5 mmHg (+/- 4) contre 98,9 mmHg dans le groupe non-hyperoxique (p < 0,001). Dans notre cohorte 44,2% des patients avaient une SaO2 > 98%, et seulement 26,5% des patients BPCO étaient dans les cibles recommandées (88-92%). L’administration d’oxygène dès la phase pré hospitalière apparait comme un facteur de risque indépendant d’hyperoxie initiale (p=0,016). La ventilation mécanique est un facteur de risque indépendant d’hyperoxie à H24 (p=0,0013). Nous ne mettons pas en évidence de différence significative sur la mortalité à J-28 (p=0,85) entre les deux groupes.
Conclusion: L’incidence de l’hyperoxie aux urgences est élevée, et certains facteurs de risques (oxygénothérapie pré hospitalière et ventilation mécanique) doivent alerter le clinicien. Il existe probablement un mésusage de l’oxygène dans nos services d’urgences nécessitant de sensibiliser les professionnels de santé aux règles de prescription et de surveillance de cette thérapie.

Tags : hyperoxie urgence oxygénothérapie.