CP090 - Incidence des coagulopathies à l'arrivée à l'hôpital des patients traumatisés graves initialement pris en charge par un SMUR.

Pierre Dars (1), Marilyn Frattini (2), Daniel Jost (2), Sabine Lemoine (3), Frédéric Lemoine (4), Benoît Frattini (4), Michel Bignand (2), Jean-pierre Tourtier (5)

1. Service médical d'urgence, Brigade de sapeurs pompiers de Paris , paris, France
2. Service médical d'urgence, Brigade de sapeurs pompiers de Paris , Paris, France
3. Service Médical d'urgence, Brigade de sapeurs-pompiers de Paris -France, PARIS, France
4. Service Médical d'urgence, Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Paris, France
5. Service Médical d'urgence, Brigade de sapeurs-pompiers de Paris -France, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le traumatisme grave est la première cause de mortalité chez le sujet de moins de 45 ans. La coagulopathie aigue traumatique (CAT) est une complication qui aggrave le pronostic de ces patients. L’identification de cette pathologie est primordiale afin de mieux la prendre en charge. Le but principal de ce travail était d’évaluer l’incidence de la CAT chez les patients traumatisés graves à leur arrivée en structure hospitalière. Le but secondaire était d’identifier les facteurs associés à l’apparition d’une  CAT.

Matériels et méthode : Etude rétrospective observationnelle monocentrique réalisée au sein d’une structure d’urgence préhospitalière. Accord d’un Comité d’Ethique. Critères d’inclusion : traumatisés graves selon les critères de Vittel, âge > 18ans, transport primaire par SMUR vers un service de réanimation. Les données préhospitalières (âge, sexe, fréquence cardiaque, pression artérielle, taux d’hémogolobine, score de Glasgow, Shock Index ((SI) = ratio « fréquence cardiaque / pression artérielle systolique »), intubation, instauration d’amines) ont été recueillies en fin d’intervention. Les tests d’hémostase standard ont été réalisés dès l’arrivée à l’hôpital : les patients dont le taux de prothrombine  était inférieur à 70% étaient considérés comme présentant une CAT. L’analyse statistique était uni puis  multivariée (régression  logistique avec comme facteur à expliquer la présence d’une CAT (Oui/ Non) à l’arrivée à l’hôpital, et comme facteurs explicatifs les autres covariables.  

Résultats : Sur une période de 12 mois ont été inclus 126 patients. Trente-deux  (25,4%) présentaient une CAT à l’arrivée à l’hôpital. Les accidents de la voie publique représentaient plus de 50% des mécanismes lésionnels. En analyse multivariée il existait une association entre un Shock Index supérieur à 0,9 et l’apparition d’une CAT (p < 0,001). Le recours à l’intubation  et l’administration d’acide tranexamique étaient aussi  statistiquement associés à l’apparition d’une CAT (valeurs petit p  respectivement égales à  0,01 et 0,05)

Discussion : La CAT était présente chez un quart des patients traumatisés graves. Le traitement de la CAT doit être instauré dès la prise en charge préhospitalière de victimes avec un SI élevé ou nécessitant une intubation.

Conclusion : La recherche sur le monitorage de l’hémostase en situation d’urgence préhospitalière est un axe d’effort qui doit être renforcé.    

Tags : traumatisé grave coagulopathie post-traumatique shock-index