CP059 - Impacts de la mise en place du numéro d'appel national de la permanence des soins ambulatoires dans un centre 15.

Hugo De Carvalho (1), Philippe Pes (1), Freddy Fouillet (2), Benjamin Disarbois (1), Baptiste Desmortreux (1), François Javaudin (1), Julien Labady (2), Joël Jenvrin (1)

1. SAMU/Smur/Urgences, CHU de Nantes, Nantes, France
2. SAMU, CHU de Nantes, Nantes, France
Diffusion le 13/06/2018

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Rationnel :

Depuis le 4 avril 2017, trois régions pilotes ont mis en place le numéro de permanence des soins ambulatoires 116 117. L’objectif principal de l'étude était d’analyser l’activité liée à la mise en place de ce nouveau numéro de régulation médicale dans l'un de ces Centres 15, caractérisée par le nombre d’appels reçus par le 116 117. Les objectifs secondaires étaient la répartition des appels dans le temps, l’orientation de l’appel (médecine générale ou médecine d’urgences), la décision médicale au décours, les caractéristiques démographiques des patients.

Matériel et Méthode : 

Du 4 avril au 31 octobre 2017, l’intégralité des appels réceptionnés et leurs caractéristiques ont été analysées selon leur origine (15 ou 116 117) et comparées aux données de l’année 2016. 

Résultats :

Sur les 260 405 appels reçus par le Centre 15, 255 605 appels l'étaient via le numéro 15, 4800 appels via le 116 117, ces derniers ont généré 3109 dossiers de régulation médicale (DRM). L’augmentation d’activité totale était de 8,1% dont 1,72% imputable au 116 117, équivalent à 21 appels/j en moyenne. L’activité du numéro 15 augmentait significativement de 72 appels/j (p < 0,0001). La répartition horaire des appels était la même en semaine et le dimanche. Le samedi, un pic d’activité pour le 116 117 avait lieu à l’ouverture du service entre 12h et 13h. Le taux d’abandons du 116 117 était plus élevé (14% vs 1,14%). Aux pics d’activité, jusqu’à 3 ARM étaient nécessaires pour répondre exclusivement au flux 116 117. Les appels reçus du numéro 116 117 étaient régulés majoritairement par les médecins régulateurs généralistes (96,8% vs 78,4%). Ils concernaient une population significativement plus jeune (29 ans vs 40 ans, p < 0,001), entrainaient moins d’envois de moyens (5,6% vs 17,6%, p < 0,001) et moins de consultation aux urgences. Sur les 3109 DRM liés au 116 117, 100 (3,2%) ont été orientés vers la médecine d’urgences dont 8% ont conduit à l’engagement d’un SMUR.

Conclusion :

La mise en place du 116 117 a un impact structurel et organisationnel significatif sur le Centre 15 étudié. Il contribue à l’augmentation de l’activité à hauteur de 1,72% sur les 8,1% constatés, se concentrant sur des périodes déjà fortement chargées. Les caractéristiques démographiques suggèrent une population différente de celle appelant le 15.

Ce numéro constitue une perte de chance pour les 3,2% des patients échouant à déterminer leur niveau de gravité, conduisant à l’engagement d’un SMUR dans 8% des cas.

Tags : Permanence des soins Régulation Centre 15 116 117