P177 - Impact d'un projectile par lanceur de balle de défense. Complications cardio-vasculaires et létalité. Méta-analyse.

Antoine Bronstein (1), France Bardinet (2), Hugues Lefort (3), Florent Marchandot (4), Ulric Vinsonneau (5)

1. Service médical , Force d'Action Navale, Toulon, France
2. 34ème antenne médicale, Centre médical des armées de Metz, Metz, France
3. Emergency Medical Department, Legouest military teaching hospital, French military health service, Metz, France
4. Service d'accueil des urgences, Hôpital d'instruction des armées Clermont-Tonnerre, Brest, France
5. Service de cardiologie, Hôpital d'Instruction des Armées Clermont-Tonnerre, Brest, France
Diffusion le 13/06/2018

/medias/images/design/icos/eposters.png /medias/images/design/icos/resumes.png


Contexte. Les lanceurs de balle de défense sont des armes utilisées dans le maintien de l’ordre quasi-exclusivement en milieu civil. Les projectiles se déforment à l’impact, limitant le risque de pénétration, avec une puissance d’arrêt suffisante pour stopper un individu au tronc souvent peu ou mal protégé. L’objectif principal de ce travail était de proposer une revue de la littérature médicale pour décrire les différentes complications cardio-vasculaires (CCV) liées à un impact thoracique par projectile non létal. L’objectif secondaire était de rapporter la mortalité induite par ces armes.

Matériels et méthode : Méta-analyse systématique de la littérature entre 1975 et 2016 au travers des moteurs de recherche Medline®, Ovid® et Science-Direct® utilisant les termes du Medical Subject Headings : blunt chest trauma, injuries, myocardial infarction, less lethal weapons, Flash-Ball, sub-lethal weapons, chest, plastic bullet, rubber bullets. Critère d’exclusion a posteriori : toutes études décrivant les complications vasculaires périphériques. Variables observées : épidémiologie, impacts thoraciques, CCV, décès.

Résultats : Inclusion de 14 séries de patients, 13 cas cliniques, aucune méta-analyse, décrivant rétrospectivement des impacts liés à des munitions non létales, soit 2118 patients, 2731 impacts décrits dont 454 (16%) de localisation thoracique, prévalence entre 7% et 44% selon les séries. L’âge moyen était entre 10,1 ans et 32 ans, de 18 ans à 60 ans, pour un sex ratio de 52% à 99% hommes. Les CCV étaient pénétrantes (n=12 ; 0,6%) : plaie cardiaque ou vasculaire ; ou non pénétrantes (n=8 ; 0,4%) : contusions myocardiques (n=4), commotio cordis (n=2), syndromes coronariens aigus traumatiques (n=2). Cette revue rapportait 67 décès (3%) au total pour 20 (0,9%) décès par CCV.

Discussion : Les CCV des armes non létales sont rares mais graves. La survie par traumatisme pénétrant est la même que celle des plaies thoracique par arme à feu, soit 10% environ. L’expérience collective est bien présente dans la littérature, alors qu’il est exceptionnel pour un praticien d’être confronté à un tel traumatisme. L’information des forces de l’ordre et des médecins urgentistes pré-hospitaliers et hospitaliers doit permettre une évaluation clinique et paraclinique optimisée. Avec les cardiologiques notamment, l’anticipation du parcours de soins permet d’être à même de faire face à des CCV avec une telle morbi-mortalité.

Tags : Létal arme risque cardio-vasculaire décès