P017 - Impact d'un programme de formation des soignants en EHPAD sur les transferts aux urgences.

Nathalie Pavan (1), Magali Bischoff (2), Laurie Fraticelli (3), Nathalie Pibarot (1), Anne-marie Ameux (4), Carlos El Khoury (5, 6), Groupe Resuval (7)

1. Urgences, CH Vienne, vienne, France
2. Cellule de Coordination, Centre hospitalier de Vienne, VIENNE, France
3. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, Vienne, France
4. gériatrie, centre hospitalier lucien hussel, vienne, France
5. Urgences, Centre hospitalier de Vienne, VIENNE, France
6. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, vienne, France
7. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, Centre hospitalier de Vienne, vienne, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction. En France la part des patients de 75 ans et plus aux urgences est de 25%. Nous avons constaté dans notre structure d’urgence que la moitié d’entre eux était hospitalisée, dont la moitié était adressée par les EHPAD de notre bassin.

Méthode. Nous avons mis en place un programme de formation des soignants en EHPAD à la prise en charge des urgences dans l’optique d’optimiser le transfert aux urgences de leurs résidents. Notre étude est observationnelle multicentrique visant à évaluer l’impact de ce programme basé sur la simulation et la diffusion de référentiels partagés.

Résultats. Entre Janvier 2015 et juin 2017 nous avons formé 325 soignants parmi un total de 509 exerçant dans les 20 EHPAD concernés par notre programme. Pour évaluer l’impact sur les transferts EHPAD-SU nous avons interrogé tous les dossiers de patients transférés vers notre SU depuis les cinq EHPAD à l’origine de 20% des transferts. En 2016 nous enregistrons 162 transferts de résidents, contre 223 en 2014. Ils sont âgés de 91[86,5-94] ans contre 88[84-92] en 2014 (p<0,001). Le sexe ratio est inchangé (30,25% d’hommes en 2016 contre 28,25% en 2014). Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre la part de transferts en week-end ni nocturnes. Les motifs de transferts sont sensiblement identiques entre les deux années (chute 29%, respiratoire 20%, neurologique 10%, cardiaque 8%, digestif 10%). Les motifs d’hospitalisation sont superposables. A l’issue de leur passage aux urgences les patients ont été hospitalisés plus longtemps (8,16 jours en 2016, contre 6,5 jours en 2014) avec une mortalité hospitalière plus élevée (9,26% en 2016 contre 5,83% en 2014).

Conclusion. Notre étude valide le bénéfice d’une formation des soignants en EHPAD sur le transfert aux urgences. Elle permet d’optimiser le recours aux urgences hospitalières. La prise en charge des résidents avant transfert est améliorée, leur accueil aux urgences est anticipé, des hospitalisations directes ont pu être organisées. Les soignants en EHPAD formés ont gagné en confiance et en assurance. L’enjeu est de maintenir l’effet de cette formation dans le temps en permettant aux médecins coordonnateurs d’EHPAD de la réaliser.

Tags : EHPAD formation transfert