P155 - Identification des freins à la prise en charge ambulatoire de l'embolie pulmonaire à faible risque de mortalité au sein du service d'accueil des urgences d'un CHU.

Sam Vidal (1), Nicolas Emeyriat (2), Jennifer Maupas (2), Jacques Levraut (2)

1. URGENCES , PASTEUR , NICE, France
2. URGENCES, PASTEUR, NICE, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Classiquement, les patients présentant une embolie pulmonaire (EP) bénéficient d’une prise en charge hospitalière de plusieurs jours mais il est également possible de prendre en charge l’EP à faible risque de mortalité en ambulatoire. Dans notre CHU, aucun de nos patients ne bénéficie de ce type de prise en charge.

Matériel et méthode : L’objectif de ce travail était d’identifier les freins à celle-ci au SAU du CHU. Deux études ont été mises en place : une étude épidémiologique, étudiant les caractéristiques de la population admise au SAU présentant un diagnostic d’EP de 2014 à 2016 ainsi qu’une enquête de pratique réalisée auprès des médecins urgentistes du SAU concernant leurs connaissances et sentiments sur cette prise en charge.

Résultats : 401 patients ont été inclus. 128 patients (32%) avaient un score de PESI ≤ 85 et auraient théoriquement pu bénéficier d’une prise en charge ambulatoire, mais seulement 52 (13%) présentaient toutes les caractéristiques indispensables à celle-ci. L’enquête de pratique révélait que plus de 50 % des médecins urgentistes déclarent ne pas connaitre les recommandations sur cette prise en charge. Environ un tiers d’entre eux la juge dangereuse, et la majorité souhaitent la réalisation de protocoles pour les guider dans celle-ci.

Discussion : Un des freins identifié était l’âge de notre population, puisque l’âge moyen était de 70,8 ans, soit d’environ 10 ans supérieur à l’âge moyen décrit dans la littérature. De plus, seulement 13% rassemblaient tous les critères indispensables à une prise en charge ambulatoire, notamment à cause de la positivité des biomarqueurs et du contexte social. Enfin, l’enquête de pratique révélait qu’un accompagnement des urgentistes par une bonne formation et des protocoles clairs étaient indispensable pour mettre en place cette pratique.

Conclusion : La prise en charge de l’embolie pulmonaire en ambulatoire est une pratique qui reste encore marginale en France. Afin d’instaurer cette prise en charge dans les meilleures conditions il semble nécessaire de créer une filière adaptée et des protocoles clairs en coopération avec les différents services de cardiologie.

Tags : EMBOLIE PULMONIARE AMBULATOIRE SCORE DE PESI FAIBLE RISQUE DE MORTALITE