CP055 - Gestion du risque thromboembolique par les médecins avant un voyage programmé en avion

Fabien Brigant (1), Dominique Pateron (1), Fréderic Lapostolle (2)

1. Service d'accueil des urgences, Hôpital Saint-Antoine (APHP - PARIS), PARIS, France
2. SAMU 93, Hôpital Avicenne, 125 rue de Stalingrad, 93009 Bobigny, BOBIGNY, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le trafic aérien est en expansion. La pathologie thromboembolique est majorée par le voyage en avion. Les recommandations quant à la prophylaxie à proposer aux patients sont très inhomogènes. Notre objectif était de décrire la prise en compte et la gestion du risque thromboembolique avant un voyage par les médecins.

Méthode : Nous avons mené une étude prospective, multicentrique, observationnelle, de type registre entre décembre 2016 et mai 2017. Tout patient consultant un médecin (généraliste ou spécialiste) avant un voyage en avion programmé dans les 6 semaines (que ce voyage soit ou non le motif de la consultation) pouvait être inclus. Les caractéristiques des patients dont les facteurs de risque thromboembolique, les détails du vol étaient recueillies par un questionnaire de 22 items en ligne. Le critère de jugement principal était la décision de prescription d’une prophylaxie pharmacologique.

Résultats : 311 patients ont été inclus. Les conseils de prophylaxie comportementale et physique (contention) étaient largement diffusés, respectivement 100% et 57%. Une prescription médicamenteuse à été réalisée chez 37 patients, soit 12% (N = 311). Au décours de la consultation, 37 patients (12%) ont reçu une anticoagulation préventive. Les facteurs de risques thromboembolique des patients qui influençaient significativement la prescription d’une anticoagulation étaient : la présence d’un trouble connu de l’hémostase (30% vs 1% ; p < 0,000 1), les antécédents de pathologies thromboemboliques (65 vs 2% ; p < 0,000 1), les facteurs de risques cardio-vasculaires (43% vs 22% ; p = 0,008). La durée de vol n’était pas significativement associée à la prescription d’une anticoagulation : 9 (6-11) (N=274) versus 9 (8-11) heures (N=37) ; p=0,25. En analyse multivariée, la prescription d’un traitement anticoagulant était liée à l’évaluation subjective du risque thromboembolique du patient : OR 1,65 (IC95% : 1,27–2,15) ; p = 0,0002 mais pas liée à l’évaluation subjective du risque thromboembolique lié au vol : 1,11 (0,87–1,42) ; p = 0,4.

Conclusion : Le choix d’instaurer un traitement anticoagulant reposait sur la prise en considération du risque thromboembolique du patient et aucunement du risque lié au voyage. Pourtant, le risque lié au vol et plus spécifiquement à sa durée est solidement documenté. Une uniformisation des recommandations permettrait une meilleure prise en compte du risque thromboembolique avant un voyage en avion par les prescripteurs.

Tags : Embolie pulmonaire Voyage dans les airs Médecine préventive Evaluation du risque Thromboembolique