P130 - Facteurs pronostics chez les sujets bactériémiques des urgences

Sebastien Beroud (1), Stanislas Ledochowski (1, 2), Fabien Subtil (3), Pascal Seve (4), Arnaud Friggeri (5)

1. Service d'Accueil des Urgences, Centre Hospitalier Lyon Sud - Hospices Civils de Lyon, PIERRE BENITE, France
2. Réanimation polyvalente, Centre Hospitalier Pierre Oudot, Bourgoin-Jallieu, France
3. Service de Biostatistique, Hospices civils de Lyon, LYON, France
4. Service de Médecine Interne, Hôpital de la Croix Rousse - Hospices Civils de Lyon, LYON, France
5. Service de Réanimation, Centre Hospitalier Lyon Sud - Hospices Civils de Lyon, PIERRE BENITE, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les bactériémies représentent une affection grave et sont grevées d’une morbi-mortalité élevée. Le diagnostic est souvent retardé du fait des modalités diagnostiques (positivité des hémocultures). Nous nous sommes intéressés sur une cohorte de sujets bactériémiques des urgences aux facteurs prédictifs de décès à 28 jours.

Matériel et Méthode : Nous avons conduit une étude rétrospective sur une période de 2 ans. Nous avons utilisé les données du logiciel de microbiologie pour sélectionner les sujets. Les dossiers ont tous été revus afin de retenir ou non le diagnostic de bactériémie vraie et de colliger les données (démographiques, clinico-biologiques et celles concernant la prise en charge). Une analyse univariée a d’abord été réalisée. Les éléments qui ressortaient avec une p-value < 20% ont été inclus dans une analyse multivariée.

Résultats : Nous avons inclus 405 épisodes bactériémiques. L’âge > 65 ans, l’indice de Charlson >4, les anciens critères de sepsis sévère et de choc septique, l’insuffisance cardiaque, l’hypothermie et une PAM< 65mmHg étaient associés à une surmortalité dans l’analyse univariée (p<0.05), avec des odds ratio (OR) les plus marqués pour le choc septique (OR=17), le sepsis sévère (OR=11) et le profil hypothermique (T°< 36°C, OR =6). Les éléments de prise en charge (délai d’antibiothérapie et chirurgie), le type de germe, le site infectieux, le caractère communautaire ou associé aux soins et l’immunodépression ne ressortaient pas comme associés à la mortalité. En multivariée, le choc septique restait l’élément le plus péjoratif (OR=21, p<0.001). Un score de Charlson > 4 (OR=4, p=0.001), les infections des tissus mous (OR=4, p=0.032) et le profil thermique étaient également, mais de manière moins importante, significativement associés à une surmortalité. La fièvre était protectrice (OR=0.3, p=0.011) alors que l’hypothermie était à la limite de la significativité (OR=3, p=0.054). Une PAM < 65 mmHg n’était plus significative dans l’analyse multivariée.

Conclusion : Des éléments rationnels sont retrouvés comme associé à la mortalité chez nos sujets bactériémiques. Les anciens critères de définition des états septiques restent associés, dans notre étude, à la mortalité. Nous soulignons également le courroux des sujets polymorbides. Alors que dans notre modèle nous ne parvenons pas à montrer la surmortalité pourtant connue des sujets hypothermes, nous montrons le caractère protecteur de la fièvre.

Tags : bactériémie sepsis hémocultures profil thermique fièvre hypothermie