P074 - Facteurs prédictifs de transfert en réanimation des patients dyspnéiques ayant été hospitalisés dans un service de médecine via les urgences : étude rétrospective cas témoins

Marion Basty (1), Olivier Vuillot (2), Vincent Gourhant (2), Nicolas Molinari (3), Jean-francois Vigneau (2), Solene Brouillonnet (1), Sophie Lefebvre (2), Mustapha Sebbane (2)

1. Département de Médecine d'Urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France
2. Département de Médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France
3. Département d'information médicale (DIM), CHU Montpellier, Montpellier, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : La dyspnée est un motif fréquent de consultation aux urgences. Un des rôles de l’urgentiste est d’orienter le patient vers le service adapté. Il a en effet été prouvé qu’une admission secondaire en réanimation était liée à augmentation de la mortalité. L’objectif principal de notre étude est de déterminer des facteurs de risque de transfert secondaire en réanimation chez les patients dyspnéiques hospitalisés dans un service de médecine, après leur passage aux urgences. La mortalité hospitalière est analysée comme objectif secondaire.

Méthode : étude rétrospective, cas témoins, incluant les patients pris en charge aux urgences pour dyspnée sur une période de 2 ans. Les patients transférés secondairement en réanimation après leur hospitalisation en médecine (groupe réanimation secondaire) sont appariés (facteur de 1 pour 4) à ceux hospitalisés en médecine (groupe médecine). Les facteurs prédictifs d’admission secondaire en réanimation ou de décès sont analysés par régression logistique multivariée.

Résultats : 3956 patients ont consulté pour dyspnée aux urgences. Parmi les 259 patients hospitalises, 135 ont été admis en réanimation, dont 31 secondairement après un passage en médecine (groupe reanimation secondaire) et 124 ont été transférés directement en médecine (groupe médecine).

Le taux de NT-proBNP (pour une augmentation de 1000 points : OR = 1,05 (IC95% 1,007 – 1, 104), p = 0,02) et la durée totale d’hospitalisation (OR = 1,16 (IC95% 1,08-1,26), p < 0,001) sont indépendamment liés au transfert secondaire en réanimation. Une discordance diagnostique (entre le diagnostic établi aux urgences et le diagnostic de sortie d’hospitalisation) semble être associée au transfert secondaire en réanimation (OR = 5,59 (0,9 – 34), p = 0,06). Les patients transférés secondairement de médecine en réanimation ont un taux de mortalité de 85% plus élevé que ceux hospitalisés en médecine (32% vs 6% de mortalité, OR = 0,15 (0,05-0,41), p < 0,001).  Les facteurs de risque de décès sont l‘élévation de la CRP (OR = 1,008 (1,002-1,014), p= 0,01) et la présence d’une atteinte pleurale à la radiographie (OR = 30,4 (2,6 – 356), p = 0,002).

Conclusion : Notre étude souligne l’importance particulière d’un taux de NT-proBNP  ou de CRP élevé, et d’un épanchement pleural dans la prise en charge et le pronostic des patients dyspnéiques.

Tags : Dyspnée réanimation facteur prédictif mortalité