CP013 - Facteurs prédictifs d'admission secondaire en unité de réanimation dans les 48 heures après avoir été hospitalisé dans un service de médecine à partir des urgences

Marta Cancella De Abreu (1), Alexandra Rousseau (2), Sebastien Herminger (3), Pierre Rufat (4), Pierre Hausfater (1)

1. SAU Pitié Salpêtrière, Hôpital Pitié Salpêtrière, Paris, France
2. URC, Hopital Saint Antoine, Paris, France
3. SAU Pitié Salpêtrière, Pitié Salpêtrière, Paris, France
4. Pole Santé publique, Évaluation et Produits de santé (SPEPS), Hôpital Pitié Salpêtrière, Paris, France

Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les patients admis en service de médecine après passage aux urgences et transférés secondairement en réanimation ont une mortalité accrue et une durée de séjour hospitalier augmenté par rapport aux patients admis directement en réanimation. L’’identification de variables retrouvées aux urgences prédictives d’une admission secondaire en réanimation permettrait d’améliorer l’identification des patients à risque d’aggravation afin d’éviter les conséquences associées. Méthodologie : Nous avons conduit une étude cas-témoin (ratio 1 : 2) rétrospective monocentrique chez les patients admis en médecine ou dans l’unité d’hospitalisation de courte durée, après passage aux urgences d’un hôpital universitaire  entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2016. Les cas étant admis secondairement en réanimation médicale dans les 48h suivant l’admission.  Cas et témoins étaient appariés sur l’âge+/-5 ans, le sexe, l’année et le service d’admission. Les variables recueillies étaient cliniques, biologiques et radiologiques. L’analyse a  été conduite par régression logistique conditionnelle. Résultats : Cent sept cas et 212 témoins, ont été étudiés. La pneumopathie était le diagnostic le plus fréquent chez les cas, suivi par le sepsis (23 et 16% respectivement). Sont associés à un risque accru d’admission secondaire en réanimation, en analyse ajustée : le diabète (OR[IC95%]=5.4 [1.5 ; 19.73]), le tabac pour les anciens fumeurs (OR[IC95%]=19.0 [3.7 ; 106.9] comparés aux non-fumeurs, les fumeur actuels ayant un risque similaire aux non-fumeurs ; une température (T°) entre 38 et 40°C comparée à une T° normale (OR[IC95%]=8.14 [1.74 ; 38.04] ; un tri par l’IOA à 1 comparé au tri 3, 4 ou 5 (OR[IC95%]=5.94 [1.37 ; 25.78]) et le motif IOA de dyspnée comparé aux autres motifs (OR[IC95%]=13.86 [2.45 ; 78.29], le motif « fièvre » étant associé à un risque comparable aux autres motifs ; l’avis du réanimateur  poursuite des soins en salle (OR[IC95%]=7.65 [1.59-36.74]) par rapport à l’absence d’avis, le score APACHE (1.28 [1.11 ; 1.47]) et la réalisation de gaz du sang (OR[IC95%]=5.06 [1.47 ; 17.42]). Le score de MEDS est associé à un moindre risque (OR [IC95%]=0.73 [0.57 ; 0.95]). Conclusion : Nous avons identifié des facteurs simples associés au risque d’admission secondaire en réanimation. Leur validation sous la forme d’un score et dans le cadre d’une étude prospective multicentrique est cependant nécessaire.

Tags : facteurs prédictifs urgences réanimation admission secondaire