P237 - Facteurs déterminants de l'envoi d'un vecteur héliporté dans la prise en charge primaire des traumatisés sévères

Delphine Labranche (1), Laurie Fraticelli (2), Clément Claustre (3), Céline Prost (4), Stéphanie Capel (4), Olivier Matas (4), Carlos El Khoury (5, 6), Groupe Resuval (7)

1. urgences - smur - soins continus, centre hospitalier lucien hussel, vienne, France
2. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, Vienne, France
3. réseau RESUVal, centre hospitalier lucien hussel, vienne, France
4. Urgences, CH Vienne, vienne, France
5. Urgences, Centre hospitalier de Vienne, VIENNE, France
6. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, vienne, France
7. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, Centre hospitalier de Vienne, vienne, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Les traumatismes sévères sont la troisième cause de décès en France. Le transport est généralement effectué par le SMUR mais peu d'études ont été réalisées sur les critères de choix du vecteur routier ou héliporté par le médecin régulateur.

Objectif : Identifier les facteurs déterminants dans l'envoi d'un hélicoptère médicalisé dans le cadre des traumatismes sévères par rapport à un transport routier médicalisé (SAMU/SMUR).

Méthode : Étude observationnelle, prospective et multicentrique à partir d’un registre régional des traumatisés sévères.

Résultats : Parmi les 5 367 traumatisés sévères transportés par le SMUR : 81,3%(4366) relèvent d’un transport routier (TR)  et 16,7% (900) héliporté (TH). L'âge médian était de 35 [23;52] pour le TR et 42  [25;57]  pour le TH (p < 0.001). Il n'y avait pas de différence de pression artérielle moyenne (PAM) ni de score de glasgow en pré-hospitalier. Les patients transportés par la route avaient moins souvent un hemocue < 9 g/dl (1.76% vs 3%, p=0.0217). Les patients héliportés étaient plus intubés (27% vs 18.12%, p<0.0001), plus transfusés et avaient plus nécessité d'amines ou de thoracostomie. Il s'agissait plus souvent de grade de sévérité A (11.78% vs 9.12%, p=0.016) ou B (26,78% contre 19,31%, p<0.0001). Les délais de prise en charge sur place étaient plus longs pour les patients héliportés (40min [30;64] contre 31min [23;45] par la route (p<0.0001). Si l'on s'intéresse au délai “1er appel - arrivée au déchocage”, la prise en charge était significativement plus rapide si le patient était transporté par la route : 75min [58;99] contre 111.5min [86;140]. Il n'y avait pas de différence de mortalité. L'OR d'être héliporté était plus important s'il s'agissait d'un traumatisme fermé, d'un accident qui survenait en journée et de patient grade A ou B . Seuls les patients de plus de 80 ans ne présentaient pas de différence entre une prise en charge le jour ou la nuit.

Conclusion : Être victime d'un accident, en journée, de grade A ou B, sont des facteurs qui amènent à privilégier le transport héliporté. Malgré un allongement de la prise en charge si le patient est héliporté, il n'existe pas de différence de mortalité.

Tags : transport héliporté smur traumatisé sévère régulation