CP047 - Evaluation objective du vécu des simulations par recherche d'un éventuel état de stress post-traumatique et analyse de l'activité du système nerveux autonome des 24h : essai randomisé contrôlé

Daniel Aiham Ghazali (1, 2), Ivan Rafei-darmian (3), Stéphanie Ragot (4), Denis Oriot (5)

1. Urgences, CHU Bichat, Paris, France
2. Centre de simulation Ilumens, Université Paris-Diderot, Paris, France
3. Urgences - SAMU79, CH de Niort, Niort, France
4. CIC, INSERM1402, Université de Poitiers, Poitiers, France
5. Urgences Pédiatriques, CHU de Poitiers, Poitiers, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : il est acquis que le niveau de stress des équipes de médecine d’urgence augmente lors des simulations haute-fidélité. Cependant, à notre connaissance, aucune étude n’a analysé l’impact sur les participants de cette situation de stress lors de la répétition des simulations.

Objectifs : 1) Recherche d’un éventuel état de stress post-traumatique (ESPT) lié à la répétition des simulations ; 1) Analyse de l’évolution de l’activité du système nerveux autonome à partir d’un holter 24h, lors de la répétition de séances de simulation.

Méthode : Cette recherche biomédicale a été enregistrée auprès de l’ANSM et d’un CPP. 48 participants étaient inclus dans 12 équipes de SMUR composées de 4 membres : médecin, interne, infirmier et ambulancier. Ces équipes étaient randomisées en deux groupes : expérimental ayant 9 séances de simulations pendant un an, contrôle ayant 3 séances de simulation pendant un an (initial, intermédiaire à 6 mois et final à an, communs à ceux du groupe expérimental). Un éventuel ESPT était systématiquement recherché après chaque séance de simulation à J7 avec un questionnaire IES-R [3] et à un mois grâce au questionnaire PCLS [4]. La fréquence cardiaque (FC) et sa variabilité dans le domaine temporel (pNN50) et dans le domaine spectral (ratio BF/HF) ont été analysés sur les 24h qui entourent la simulation pour évaluer le niveau de stress. L’effet de la répétition des simulations sur le niveau de stress a été analysé par ANOVA pour chacun des groupes. L’analyse portait sur l’état physiologique en période diurne, nocturne et des 24h. p < 0,05 était considéré comme significatif.

Résultats : IES-R and PCLS ont étaient analysés pour tous les les participants au cours de 72 simulations au total. Aucun participant n’a développé d’ESPT. Il n’y avait aucune différence de niveau de stress entre les deux groupes lors du scenario initial commun, se traduisant par des paramètres de FC, pNN50 et ratio BF/HF comparables dans les deux groupes. Le niveau de stress de stress baissait de manière significative pour le groupe expérimental, alors qu’il restait stable pour le groupe contrôle. Il y avait un effet temps et groupe pour l’analyse spectrale lors des périodes diurnes (p = 0,04) et nocturne (p = 0,01).

Conclusion : En dépit de l’état de stress que génère les simulations haute-fidélité, les équipes de médecine d’urgence ne développe pas d’ESPT. Il apparait même que le retentissement sur la vie quotidienne diminue lors de la répétition des séances.

Tags : Médecin d'Urgence Simulation Stress