P198 - Évaluation du ressenti du médecin régulateur en cas d'appel pour arrêt cardiaque extra-hospitalier dans un SAMU

François Revaux (1), Pauline Gilleron (1), Corinne Hooker (1), Julia Dyens (1), Nadia Mansouri (1), David Gerard (1), Charlotte Chollet-xemard (1), Eric Lecarpentier (1)

1. SAMU 94, CHU Henri Mondor, Créteil, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction :

La mort subite cause environ 50 000 décès par an en France avec 75 à 80% des Arrêts Cardiaques (AC) survenant en pré-hospitalier. Les dernières recommandations sur l’AC insistent sur le rôle central des témoins dans les premières minutes de la prise en charge, tant pour la survie que pour le pronostic neurologique. Ainsi, l’équipe de régulation du SAMU est mise en avant afin d’optimiser les premiers gestes des témoins.

Le but de notre étude était d’évaluer le ressenti des médecins régulateurs (MR) en cas d’appel pour AC avec conseil téléphonique de massage cardiaque externe (MCE).

 

Matériel et méthodes :

Nous avons réalisé une étude observationnelle, prospective évaluant au sein d’un SAMU les pratiques professionnelles de la régulation téléphonique d’un appel pour AC. Nous avons recueilli sur une période de 8 mois tous les appels 15 pour AC si contact possible avec témoins que la RCP soit guidée ou non afin d’évaluer, grâce à un questionnaire, l’indication de RCP, son mode de réalisation et le ressenti du médecin régulateur avec une échelle visuelle.

 

Résultats :

70 appels ont été inclus.

L’âge médian des patients était de 72 ans (IQR : 57-83).

La durée médiane de no-flow était de 5 minutes.

Avant l’appel 15, le MCE était débuté dans 9% des cas.

Le niveau médian de certitude diagnostique était de 90%.

La décision de faire débuter le MCE était prise dans 73% des cas (51/70).

22% (N=11/51) des requérants ont utilisé le haut-parleur.

La réanimation était finalement débutée dans 65% des cas (33/51).

Le type d’appelant était : la famille dans 67% (N=47), un professionnel de santé dans 23% (N=16), un passant ou voisin 10% (N=7).

Le stress de l’appelant est évalué par le MR à 6,5/10.

58% des MR jugeaient ces appels difficiles : Score > ou = 5/10.

Seulement 8% (N=6) des MR se disaient satisfaits de cette guidance, 46% (N=22) peu satisfaits et 42% (N=20) insatisfaits.

 

Conclusion :

Les appels pour AC sont jugés difficiles à traiter avec un niveau de stress élevé de l’appelant conduisant à un sentiment d’insatisfaction du MR. Des principes de communication simples favorisant la fluidité de l’appel et l’efficacité de la guidance des gestes des témoins pourraient améliorer le pronostic immédiat et la survie des patients victimes d’AC en extra-hospitalier. Des formations à la communication et plus spécifiquement à la guidance des gestes en cas d’AC doivent être encouragées afin d’optimiser ces premiers gestes, en parallèle des campagnes de sensibilisation du grand public.

Tags : Arrêt cardiaque Conseil téléphonique Ressenti Régulation