CP071 - Evaluation du contenu gastrique par échographie avant une sédation analgésie procédurale

Céline Cadudal (1), Riad Jreige (2), Alexandre Flacher (1), Olivier Vuillot (2), Bruno Lehodey (2), Emmanuel Guedj (2), Richard Dumont (2), Mustapha Sebbane (2)

1. Département de Médecine d'Urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France
2. Département de Médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France

Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le développement de l’échographie aux urgences a permis d’envisager son utilisation pour identifier les patients plus à risque d’inhalation, lors d’une sédation analgésie procédurale (SAP). L’objectif principal est de comparer l’interrogatoire clinique à l’evaluation du contenu gastrique par échographie pour le diagnostic d’estomac plein à risque d’inhalation chez des patients devant subir une SAP pour un motif orthopédique aux urgences.

Méthode : Etude monocentrique, observationnelle, chez les patients bénéficiant d’une SAP dans un SAU pour un motif orthopédique. Les données de l’interrogatoire (âge, IMC, ingestion de liquide et aliments, délai depuis le dernier repas) sont comparées aux données échographiques. L’évaluation clinique d’un estomac plein à risque est faite selon les recommandations de la SFAR sur le jeune préopératoire : le temps de jeûne retenu est de 360 minutes pour un repas solide complet et 240 minutes pour un repas léger ou liquide. L’évaluation échographique du contenu gastrique est réalisée par la mesure de l’aire antrale, selon la formule Aire = ( π x D1 x D2 )/4 en mm2, avec D1 le diamètre antéro-postérieur et D2 le diamètre longitudinal de l’antre (sonde convexe de 3,5-5 MHz placée dans un plan sagittal en sous xiphoïdien, au repère défini par la veine mésentérique supérieure, l’aorte abdominale et le lobe gauche du foie, patient en position semi assise). Un seuil de 340 mm2 d’aire antrale est retenu pour différencier un estomac vide ( < 340 mm2) d’un estomac plein à risque ( > 340 mm2).

Résultats : 55 patients ont bénéficié d’une SAP. L’estomac n’a pu être visualisé par échographie chez 5 (9%) patients, dont 3 obeses  (IMC > 35) et 1 femme enceinte. La mesure de l’aire antrale a pu etre réalisée chez 45 (93%) patients : 27 hommes,  âge moyen : 42,8 ± 24,5 ans, IMC moyen : 25 ±4 kg.

43% des estomacs considérés « vide » à l’interrogatoire sont retrouvés « plein »à l’échographie ; 100% des estomacs considérés « plein » à l’interrogatoire sont retrouvés « plein »à l’échographie. La comparaison inter-observateur pour la mesure de l’antre gastrique réalisée chez 10 volontaires sains par 2urgentistes entrainés montre une concordance élevée (k=0,93).

Conclusion : l’échographie gastrique apparait comme un examen performant pour repérer les patients « estomac plein » à risque de complication pour ainsi mieux les anticiper et guider l’urgentiste dans sa stratégie de SAP.

Tags : Echographie Aire antrale Estomac plein Sédation analgésie procédurale Pneumopathie d'inhalation