P022 - Evaluation des besoins en biologie délocalisée en médecine pré-hospitalière : résultats d'une étude pilote.

Anais Chapelle (1), Kadji Roger (2), Imane Benaziz (3), Sophie Schvahn (4), Philippe Le Pimpec (5), Mathias Pouillon (6), Sapir David (7), Laborne Francois-xavier (7)

1. SAMU 91, CH SUD Francilien, corbeil essonne, France
2. Samu 91, , Centre hospitalier Sud Francilien, 91100 Corbeil Essonne, Corbeil-Essonne, France
3. Urgences-Smur , GH Nord Essonne, Orsay, France
4. Smur, GH Nord Essonne, Juvisy, France
5. Smur, GH Nord Essonne, Longjumeau, France
6. Urgences-Smur, GH Sud Essonne, Etampes, France
7. Samu 91, , Centre hospitalier Sud Francilien, 91100 Corbeil Essonne, Corbeil Essonne, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction

La biologie délocalisée (BDL) désigne les analyses réalisées par des praticiens non biologistes, en dehors des laboratoires. Bien que recommandée par la SFMU, l’utilisation de tests de BDL comme outil d’orientation diagnostique et thérapeutique, est encore peu répandue parmi les SMUR. L’objectif de cette étude était d’évaluer les besoins des médecins en tests de BDL et leur impact sur l’orientation du patient durant la prise en charge pré-hospitalière.

Matériel et Méthodes

Etude prospective, observationnelle, multicentrique réalisée du 1er au 28 février 2017 au sein de 6 SMUR dépourvus de BDL. Après intervention primaire, un questionnaire était soumis au médecin avec une liste de dosages que celui-ci aurait réalisé s’il disposait de BDL, après obtention d’un consentement du patient. Les résultats des analyses souhaitées étaient récupérés secondairement auprès de l’hôpital de destination. Deux investigateurs indépendants ont déterminé à posteriori si la destination aurait été modifiée par les résultats des examens.

Résultats

120 dossiers inclus, sur environ 990 interventions dans la période. Dans 61 cas (51%), le médecin aurait souhaité au moins une BDL dont: Troponine 27%, gazometrie arterielle 22.5%, Lactate 13.5%, Kaliémie 10%, BNP 10%, D-Dimere 10%, creatinine 3,4%, CPK 1%; les patients etaient orientés vers les urgences (34 cas), la réanimation (14 cas), ou l’USIC (8 cas). Après analyse des résultats biologiques hospitaliers, ces destinations ont été considérées comme «adaptées» dans près de 60% des cas, et la réalisation des examens de BDL aurait modifié la destination chez 7 patients (12%).

Discussion

Cette étude tend donc à analyser un ressenti du praticien que l'intérêt en temps et orientation pour le patient. La BDL a servi plus à conforter le médecin dans ses choix, notamment pour instaurer un traitement présomptif des désordres biologiques graves. Des limites économiques (coût, entretien, consommables) justifient une entente préalable avec le biologiste. 

Conclusion

La biologie délocalisée semble utile pour les patients ciblés, et conforte le praticien dans ses décisions, lorsqu’il faut instaurer une thérapeutique urgente. Cependant, elle peut être futile, lorsque les éléments cliniques, paracliniques et les hypothèses diagnostiques suffisent pour orienter le patient vers la destination la plus adaptée. Ces résultats sont encourageants pour réaliser de nouveaux travaux (plus grand échantillon) et justifier un plan d'équipement.

Tags : dosages biologiques biologie embarquée point of care testing biologie délocalisée bio marqueurs