FC176 - Evaluation de la qualité de l'intubation oro-trachéale en médecine d'urgence extra-hospitalière : mesure du taux d'échec de la première tentative - étude SMURIDS 

Flash Communication

Marion Wrobel (1), Michel Galinski (2), Romain Boyer (1), . Groupe SMURIDS (3)

1. Service d'Urgences, SAMU-SMUR, CHU Bordeaux, Bordeaux, France 2. Pôle Urgences adultes - SAMU, Hôpital Pellegrin, France, France 3. SAMU 33, SMUR de Libourne, SAMU 24, SAMU 49, SAMU 38, SAMU 31, SAMU 21, SMUR de Garges les Gonesses, SAMU 92, SAMU 69, CHU Bordeaux, Hôpital Robert Boulin, Centre Hospitalier de Périgueux, CHU d'Angers, CHU Grenoble Alpes, CHU Purpan, CHRU de Dijon Bourgogne, Centre Hospitalier de Gonesse, Hôpital R. Poincarré, Hôpital Edouard Herriot , Bordeaux, Libourne, Périgueux, Angers, Grenoble, Toulouse, Dijon, Gonesse, Garches, Lyon, France

Diffusion le 06/06/2019

INTRODUCTION :
L’intubation orotrachéale peut être difficile en préhospitalier, en lien avec des conditions cliniques et environnementales austères. L’allongement de la durée d’intubation est responsable de complications graves. Ainsi, il est dans l’intérêt du patient de parvenir à intuber dès la première laryngoscopie. Notre étude avait pour objectif d’évaluer l’incidence de l’échec de l’intubation en préhospitalier à la première tentative et les facteurs liés à cet échec.

MATÉRIEL ET MÉTHODE :
Nous avons réalisé une étude rétrospective, observationnelle, multicentrique, de mars 2017 à juin 2018, via un questionnaire rempli après chaque intubation réalisée par les équipes du SMUR. Le questionnaire portait sur l’expérience de l’opérateur, les conditions environnementales, les antécédents du patient, des éléments anatomiques et/ou des lésions pouvant rendre difficile l’exposition glottique, et la nature de la détresse ayant indiqué l’intervention. La difficulté  d’intubation était mesurée avec le score IDS, un score supérieur à 5 définissant une intubation difficile. Une première analyse univariée a permis de déterminer  les variables pouvant intégrer un modèle de régression logistique pour une analyse multivariée. 

RÉSULTATS :
Sur 1517 patients, 1285 ont été inclus (85%). L’âge moyen des patients était de 61 ans (écart type = 19), le sex ratio de  64% d’hommes et l’IMC moyen (N=1235) de 26 (écart type = 6). Les indications de l’intubation était un arrêt cardio-respiratoire (ACR) dans 59% des cas (N=761), une détresse traumatique dans 7% (N =96) et médicale dans 23% (N= 296) et il manquait l’information dans 10% des cas (N=132). Le taux d’échec lors de la première tentative était de 30% [IC 95% 27,5;32,5] soit 385 sur 1285. Les facteurs associés à cet échec en analyse multivariée étaient la limitation de l’ouverture de bouche OR 2,4 [IC 95% 1,6-3,5], une grosse langue OR 1,9 [IC 95% 1,2-2,9], l’antécédent de tumeur ORL 4,3 [IC 95% 1,0-17,6], le nombre préalable d’intubations réalisées par l’opérateur < 50 OR 1,6 [IC 95% 1,2-2,2] et l’indication d’ACR OR 1,7 [IC 95% 1,1-2,5]. Par ailleurs 152 patients avaient un score IDS>5, soit 12% [IC95% 10 ;14].

CONCLUSION :
Cette étude montre un taux d’échec d’intubation au premier essai en préhospitalier très important (30%) bien que proche de certaines études. Si de nombreux facteurs sont associé au patient lui même, l’expérience de l’opérateur est un paramètre sur lequel on pourrait agir.

Tags : intubation préhospitalier premier essai incidence