P047 - Evaluation de l'antiobiothérapie chez les patients bactériémiques à point d'appel urinaire ou pulmonaire d'un SAU en 2016 et étude de l'écologie microbiologique

Audrey Bourrier (1), Jacques Levraut (1), Julie Contenti (1)

1. SAU, CHU de Nice, Nice, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: La pathologie infectieuse reste aujourd’hui le motif de recours médical le plus fréquent aux urgences avec aux premiers rangs les infections respiratoires et urinaires. Le sepsis reste une préoccupation majeure de santé publique, car responsable de 15% des hospitalisations en réanimation.  Les hémocultures représentent le prélèvement de choix pour la mise en évidence d’une bactériémie, état indispensable à diagnostiquer car se compliquant dans 25% des cas de sepsis. Ces patients doivent bénéficier  rapidement d’une mise en place d’antibiothérapie adaptée. Cependant la prescription d’antibiotiques, souvent probabiliste en médecine d’urgence, reste complexe. Nous savons pour autant qu’une antibiothérapie inadaptée augmente le risque de mortalité à j-28.

Objectif: L’objectif de ce travail était d’évaluer le taux de prescription d’antibiotique adapté en fonction des recommandations, chez les hospitalisés et bactériémiques sur les prélèvements réalisés aux urgences. Ainsi que d’évaluer l’efficacité clinique et microbiologique de cette antibiothérapie après 72 heures d’hospitalisation.

Matériel et méthode: Il s'agit d'une étude rétrospective observationnelle monocentrique, menée de janvier à décembre 2016, incluant les patients bactériémiques aux urgences dont le point d'appel infectieux était urinaire ou pulmonaire.

Résultats: Nous avons analysé 3376 patients ayant bénéficié d’hémocultures aux urgences, 7.6% se sont avérées positives, dont 38% considérées comme des contaminations. Au total 60 patients hospitalisés, présentant des hémocultures positives dans le cadre d’infection pulmonaire et urinaire ont été inclus.

Concernant les patients bactériémiques à point de départ pulmonaire (n=31), 87% ont bénéficié d’une antibiothérapie probabiliste aux urgences contre 100% pour celles à point de départ urinaire.  L’antibiothérapie était adaptée aux recommandations dans 65% des cas lors d’infection pulmonaire. En cas d’infection urinaire grave seulement 68% des prescriptions d’antibiothérapie probabiliste étaient adaptées. L’efficacité clinique et microbiologique a été retrouvée à 72 heures pour 96% des patients dans le cadre d’infection urinaire contre seulement 68% lors d’infection pulmonaire (p=0,002 ; test de Fisher).

Conclusion: Ces données mettent en évidence un défaut d’application des recommandations en terme de prescription d’antibiothérapie aux urgences. Recourir à des protocoles standardisés pourrait certainement améliorer nos pratiques.