CP080 - Etude nationale randomisée en cluster comparant une stratégie d'admission systématique en réanimation des patients âgés de plus de 75 ans ayant une défaillance viscérale aiguë vus aux urgences versus l'absence de recommandation.

Dominique Pateron (1, 2), Maurice Raphael (3), Farez Moustafa (4), Catherine Le Gall (5), Justine Gallou (6), François Braun (7), Sebastien Beaune (8), Bertrand Guidet (9, 10)

1. Service des urgences, , CHU Saint-Antoine, APHP, Paris, France
2. , CFMU, Paris, France
3. Urgences, Hopital de Bicètre, Kremlin-Bicètre, France
4. Urgences, Hopital de Clermont-ferrand, Clermont-Ferrand, France
5. Urgences, hopital Dupouy, Argenteuil, France
6. Urgences, CHU d'Amiens, Amiens, France
7. Urgences, Hopital de Metz, Metz, France
8. Urgences, Hopital Ambroise Paré, Boulogne, France
9. réanimation, Hopital Saint-Antoine, APHP, UFR Paris 6, ¨Paris, France
10. ICECUB 2, CHU Saint-Antoine, Paris, France
Diffusion le 13/06/2018

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La mortalité élevée des patients âgés présentant une défaillance viscérale aiguë pose la question de l’effet bénéfique d’une hospitalisation en réanimation.

L’objectif de l’étude est de déterminer l’effet sur la mortalité à six mois d’une hospitalisation des patients âgés de plus de 75 ans vus initialement aux urgences et présentant une défaillance viscérale aiguë soit en cherchant à proposer systématiquement une admission en réanimation soit effectuée selon  les pratiques habituelles.

Il s’agit d’une étude multicentrique randomisée en cluster incluant des patients de 75 ans et plus, n’ayant pas de cancer actif, ni de cachexie, ayant un index ADL > 4 et consultant aux urgences dans les 24 hôpitaux entre janvier 2012 et avril 2015 pour une défaillance viscérale aigüe. Chaque hôpital était randomisé pour soit pousuivre ses pratiques habituelles d’hospitalisation (HH) soit tenter au maximum d’hospitaliser ces malades en réanimation (HM). Les patients ont été suivis 6 mois après leur inclusion.

Le critère d’évaluation principal était la mortalité à six mois. Les critères secondaires étaient la mortalité hospitalière, l’autonomie et la qualité de vie à six mois.

Résultats : 1 518 patients furent inclus dans chacun des groupes HH et HM (3036 patients). La médiane d’âge était de 85 ans (interquartile 81 et 89), 45 % étaient des hommes. Le taux d’hospitalisation en réanimation était de 61% (HM) vs 34% (HH) ; RR de 1.80 ; 95 % IC, 1.66-1.95. Dans le groupe HM, on observe une augmentation de la mortalité à six mois, (45% vs 39% ; RR 1.16 ; 95 % IC, 1.07-1.26). Après ajustement sur les caractéristiques initiales du patient prenant en compte en particulier la gravité, il n’y a plus de différence de mortalité à six mois, de même que l’autonomie et la qualité de vie à six mois.

Conclusion :

 Le fait de favoriser systématiquement l’hospitalisation des malades en réanimation pour les patients âgés, présentant une détresse vitale aiguë et pris en charge par les urgences, n’est pas associé à une réduction de la mortalité à six mois. Des études supplémentaires sont nécessaires pour affiner les critères d’une admission justifiée de ces malades.

Tags : sujet agé gériatrie réanimation urgences