P242 - Etude épidémiologique sur la prise en charge des accidents de bûcheronnage entre 2012 et 2016

Delphine Hugenschmitt (1), Landry Jacquet (2)

1. SAMU, Hôpital Edouard HERRIOT - Hospices Civils de Lyon, Lyon, France
2. Urgences / SAMU 69, Hôpital Edouard HERRIOT - Hospices Civils de Lyon, Lyon, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction : Le bucheronnage est accidentogène. Sa pratique impose le port d’équipement de protections individuelles (EPI). Or aucune publication récente n’a étudié les prises en charges post accident. Notre objectif est d’analyser les caractéristiques de ces accidents.

Matériel et Méthode : Etude épidémiologique multicentrique observationnelle prospective. Inclusions réalisées de janvier 2012 à décembre 2016. Les critères d’inclusions sont : tous patients, victime d’un «accident de bucheronnage», régulé par un SAMU et pris en charge par un service de secours. L’analyse de la population totale est descriptive de l’épidémiologie et prise en charge. Une sous-analyse compare deux groupes présentant des critères de gravités avérés (grades A et B) ou potentiels (Grade C ou moins). La sous analyse doit identifier des facteurs de risques spécifiques. Les délais en sont le critère de jugement principal

Résultats : 50 patients inclus. L’âge moyen est de 49 ans (IC95% ; 44.3-53.7), 98% sont des hommes. Les accidents ont lieu en forêt (65.85 %). L’accidentologie est majoritairement non professionnelle (71.79% d’activité de loisir). Le taux d’EPI portés est de 6%. Les lésions sont à 77.1 % liée à l’environnement et 22.3% au matériel. Les traumatismes sont « ouverts » à 38 % et 52% sont des polytraumatismes. Les zones lésées sont : membre (54%), thorax (42%), peau (38%), crâne (32%), abdomen (16%) et face (12%). Le score ISS moyen est de 17 (IC95 ; 13-21). Le délai de prise en charge moyen est de 41.8 minutes (IC95 ; 31.6–52.2), la durée moyenne de 87.1 minutes (IC95 ; 65.8–108.5). Les secours sont héliportés à 78%. Le taux de médicalisation est de 88%. Les patients vont pour 56% au déchoquage et 36% aux urgences. Seuls 24% des patients bénéficient d’un traitement réanimatoire avec 8 intubations (16%), 5 remplissages (10%) et 4 recours à des amines vasopressives (8%). Un patient décèdera sur place.
L’analyse en sous-groupe des 12 patients «grave» versus 38 «non grave» ne retrouve aucune différence significative.

Discussion : Le port d'EPI est rare. Le score ISS moyen global est élevé. L'absence de différence significative et le score ISS élevé du groupe «non grave» est intéressant. Le délai d’intervention moyen de 41.8 minutes (IC95 ; 31.6–52.2) est long si l’on considère que 78% des secours sont héliportés. 

Conclusion : Notre étude explore une traumatologie rare mais grave. Elle rappelle l’importance du port des EPI et interroge sur la régulation SAMU de tels accidents.

Tags : traumatisme bûcheronnage épidémiologie