P110 - Étude des violences exercées envers le personnel soignant dans un service des urgences

Nessrine Krichah (1), Elhem Mchirgui (2), Fethi Bettaieb (3), Abir Haj Amor (3), Amel Hmida (4), Eya Jabnoun (1), Kamilia Mejri (3), Ichrak Rdhaounia (3)

1. urgences, CHU Habib Bougatfa de Bizerte, Bizerte, Tunisie
2. service des urgences, CHU de Bizerte tunisie, Ariana, Tunisie
3. service des urgences, CHU Habib BOUGATFA, Bizerte, Tunisie
4. service des urgences, CHU de Bizerte tunisie, Bizerte, France
Diffusion le 13/06/2018

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Introduction: La violence est un phénomène qui envahit de plus en plus le milieu hospitalier et en particulier les services des urgences. Ce phenomene est multifactoriel et multiforme et présente un danger patent, car au- delà de son impact sur la santé mentale et physique des soignants, il porte atteinte à la qualité et à l’efficacité des soins prodigués. Les objectifs étaient d’identifier la fréquence et la nature des actes de violences au service des urgences, de décrire le profil des agressés et des agresseurs, d’étudier les facteurs favorisants et d’évaluer son retentissement sur l’état mental et physique des victimes.

Matériels et méthodes: Etude transversale descriptive basée sur un questionnaire préétabli, rempli auprès de 70 personnels soignants affectés au service de notre urgence. L’étude s’est déroulée entre Mars et Avril 2017 et a intéressé les actes de violence vécus et/ou observés durant les douze mois précédant.

Résultats: Le taux des réponses au questionnaire était de 100%. Notre population avait un âge moyen de 40,5±10,5 ans avec un sex-ratio de 1,05 et 77% étaient des personnels paramédicaux. Les enquêtés étaient victimes et/ou témoins de la violence. Il s’agissait d’incivilité (91,4%) et de violence verbale (97,1%) et physique (41,4%). Les acteurs étaient essentiellement de sexe masculin (83,8%), et étaient dans 95,8% des accompagnants du malade. Les principaux facteurs précipitant étaient la longueur du temps d’attente avant la consultation (98,6%), la qualité de la prise en charge jugée insuffisante (65,7%). Les pics des violences survenaient le soir (34,3%), l’après-midi (31,2%) et au cours des jours fériés et les weekends (p<0,0001). Les conséquences étaient physiques (10%)et psychologiques (81,8%) représentées, par le sentiment d’insécurité (46,8%), de démotivation (29,7%), d’angoisse et de panique (23,4%). La majorité de la population ont rapporté l’influence de la violence sur la qualité de prise en charge des malades (78,5%). Pour faire face à la violence, les enquêtés ont proposé comme solutions le renforcement des mesures de sécurité (85,7%), l’amélioration de tri (75,7%) et l’augmentation du nombre des personnels soignants (57,1%).

Conclusion : Les situations de violence aux urgences sont très diverses et génèrent souvent des conséquences lourdes. C’est pourquoi il faut dénoncer la violence, intégrer sa prévention dans la conception des locaux et l’organisation du travail et envisager des mesures sécuritaires efficaces.

Tags : violence urgences personnel de santé hôpital